"ALERTE" DUSTIN HOFFMAN EN ETOFFE DE HEROS

HONOREZ,LUC

Page 35

Mercredi 12 avril 1995

«ALERTE»

Dustin Hoffman en étoffe de héros

A l'heure où la guerre bactériologique et son usage par une secte japonaise font frissonner le monde, le suspense de Wolfgang Petersen, «Alerte», prend une actualité plus intéressante que l'oeuvre elle-même qui se situe entre le thriller, l'intrigue médicale, l'action à la Stallone et le récit d'une catastrophe.

Emmené par un singe importé d'Afrique, un virus se répand dans une petite ville de la Côte Ouest. Les habitants meurent l'un après l'autre et les autorités comprennent vite que le mal peut s'étendre en 24 heures sur tous les États-Unis. L'armée - qui n'est pas innocente dans cette histoire - boucle le territoire et un médecin (Dustin Hoff-man) est chargé de trouver une solution jusqu'au moment où ses soupçons deviennent dangereux et le transforment à la fois en proie et en sauveteur. Il devra retrouver le singe et lutter contre ses supérieurs :... même combat !

La bonne idée est d'avoir confié ce rôle de héros à Dustin Hoff-man dont on se dit que tous les exploits accomplis pourraient l'être par nous-mêmes. On s'identifie mieux à Hoffman qu'à un Schwarzenegger, par exemple, auquel le rôle aurait pu facilement être confié (cascades entre hélicoptère et avion, etc).

Dustin Hoffman est touchant, crédible mais a l'air un peu étonner de se trouver là surtout qu'il a peu de tangentes pyschologiques pour y développer son talent. De même, de grands comédiens comme Morgan Freeman et Don Sutherland ne jouent que sur le stéréotype.

«Alerte» est divertissant mais on se dit que Clint Eastwood a été bien plus finaud que Dustin Hoffman en acceptant «La Ligne de Mire», du même Wolf-gang Petersen, dans lequel il avait un vrai et fort personnage à défendre.

LUC HONOREZ