Beethoven- Chostakovitch, incontournables monuments

n.c.

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Mercredi 16 avril 2014

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Deux noms s’imposent à plus de 150 ans de distance : Beethoven et Chostakovitch. Deux architectes de la forme pour lesquels le quatuor est devenu un espace de liberté au cœur d‘une introspection face à la contrainte extérieure : physique pour Beethoven, confiné hors du monde par sa surdité, politique pour Chostakovitch, qui a dû composer avec les ukases du pouvoir communiste.

Le genre du quatuor ne traverse toutefois pas leur vie de la même manière. Chez Beethoven, l’opus 18, les Rasumovsky et les derniers quatuors relèvent bien des trois grandes périodes créatrices. Chostakovitch, lui, n’écrit son premier quatuor qu’en 1938, après que les compositions aventureuses de ses premières années aient été condamnées dans le fameux article de « La Pravda ». L’arrivée du quatuor dans l’univers du compositeur russe intervient donc au moment où celui-ci doit prendre un recul esthétique. Bien plus, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il a déjà composé neuf de ses quinze symphonies mais seulement cinq de ses quinze quatuors. A partir de 1956 et de son 6e quatuor, le genre ne le quittera plus et accompagnera la trajectoire de sa vie jusqu’aux épures ultimes dédiées à chacun des quatre membres du Quatuor Beethoven qui créa l’essentiel de ses œuvres. Un monument qui ne se conçoit que dans son intégralité. S.M.