« Et si vous adoptiez un village tibétain ? »

BURGRAFF,ERIC

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Mercredi 16 février 2011

Humanitaire Ils veulent éradiquer une maladie rare

Ils ont adopté Ambly et Ambly les a adoptés. Ils ont adopté le Tibet et le Tibet les a adoptés. François Malaisse est originaire de Gand, Françoise Mathieu vient de Bruxelles. Depuis quelques années, leur maison familiale d’Ambly (Nassogne) est devenue le siège belge d’une association humanitaire active au Tibet.

Lui est infirmier. Elle est kiné. Pendant des années, ils ont bossé pour Médecins sans frontière. « Nous vivions en Inde mais nous nous préoccupions déjà du “Kashin-Beck”, une maladie rare, qui touche les populations les plus reculées des hauts plateaux du Tibet, raconte Françoise Mathieu. Dans les années 90, MSF a décidé de se retirer. Mais avec l’équipe sur place, nous n’avons pas voulu abandonner ces gens au milieu du chemin. »

Nécrose des cartilages

C’est ainsi qu’est né, en 2004, le Kashin-Beck Fund. En parallèle, l’association a mis en place, en Belgique, un réseau de scientifiques liés à diverses institutions, hôpitaux et universités. Parmi eux, les Facultés des Sciences agronomiques de Gembloux.

Ensemble, ils travaillent à l’éradication de cette maladie qui nécrose les cartilages pendant la croissance des enfants et provoque de graves déformations osseuses sur les bras et les jambes. Dans certains villages, elle touche 100 % de la population !

Le Kashin-Beck Fund travaille surtout sur les causes de cette affection, des causes multiples liées au régime alimentaire et à l’environnement. Une action immédiate d’abord, via la distribution de compléments alimentaires. Une action à long terme ensuite, avec la décontamination fongique des semences, la production de colza source d’huile, la distribution de graines de légumes et d’arbres fruitiers… « Nous nous sommes rendu compte que les enfants ne mangeaient jamais de fruits ou de légumes, ce qui provoque de sérieuses carences dans leur alimentation. » Avec des serres, grâce au soleil, même à 4.000 mètres d’altitude, ils peuvent désormais produire toute l’année des concentrés de fibres et de vitamines.

Après des années à ce « régime », la maladie régresse enfin. Mais l’ampleur de la tâche reste immense. C’est pourquoi François Malaisse et Françoise Mathieu multiplient les actions de sensibilisation en Belgique. Ils proposent aux écoles, services club, entreprises, pouvoirs publics… de s’investir concrètement. « Avec 6.000 euros, on peut mener une action complète sur un village pendant un an », assure Françoise Mathieu avant de conclure : « Et si vous adoptiez un village ? »

www.kbdfund.org ou 084 – 46.83.47.