«Les Lanternes

BELGA; ASSOCIATED PRESS

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Lundi 11 janvier 1993

«Les Lanternes

rouges»,

prix de l'UCC

«Les Lanternes rouges» du cinéaste chinois Zhang Yimou ont remporté, samedi, le grand prix 1992 de l'Union de la critique de cinéma (UCC, une des deux associations belges de journalistes de cinéma).

Le film de Yimou l'a emporté de justesse devant «Ladro diBambini», de l'Italien Gianni Amelio. Les cinq finalistes étaient: «Riff Raff», de Ken Loach, «Jacquot de Nantes», d'Agnès Varda, «Trust», de Hal Hartley, «Les Lanternes rouges» et «Ladro di Bambini».

«Les Lanternes rouges», qui ont déjà reçu le Lion d'argent lors du dernier festival de Venise, traitent des rapports de force entre un homme très riche et ses quatre femmes. Bien que situé dans la Chine pré-communiste, le film renvoie aussi à celle d'aujourd'hui. Les membres de l'UCC ont apprécié la beauté de la photo, la fable et l'allégorie implicite à la Chine d'aujourd'hui que constitue cette histoire dans laquelle, dans l'enceinte d'une immense maison forte, les quatre épouses d'un homme très riche s'épient, se jalousent et se haïssent. Le prix, une statuette de l'artiste Polo Becker, devrait être remis bientôt à Zhang Yimou. (Belga.)

«Play it again,

Hratch!»

Dans ce bar de Casablanca aux lumières tamisées, on s'attend à apercevoir Humphrey Bogart en smoking blanc, commandant un verre sous le regard d'Ingrid Bergman. Cinquante ans après sa sortie, le mythe de «Casablanca», l'un des films les plus célèbres de l'histoire du cinéma, est toujours vivant dans cette ville de la côte ouest du Maroc.

Davantage encore qu'autour du Café américain du film, mendiants et pickpockets grouillent autour du Casablanca Bar, au coin de l'hôtel Hyatt, dans le centre-ville. Mais à l'intérieur ce n'est pas Sam, le pianiste noir, qui chante «As Time Goes By». C'est un Libanais, Hratch, qui chante en 14 langues - y compris en japonais. Aux murs sont accrochées des affiches et photos de Bogart, Bergman et autres acteurs du film. Les serveurs et le patron du bar sont vêtus comme Bogart dans la scène finale (imper et feutre mou) ou comme le capitaine de police Louis Renault.

Port actif de trois millions d'habitants, centre important pour l'industrie textile, la construction et la réparation automobile, Casablanca, aujourd'hui, n'a rien à voir avec le nid d'espions, de joueurs et d'intrigants décrit dans le film. Il n'y a aucune ressemblance: le film a été tourné entièrement en studio, dit Abderrahim Daoudi, directeur de l'office de tourisme. Mais la ville profite de la célébrité du film depuis un demi-siècle: Cela a eu un énorme impact. Chaque jour, quelque part dans le monde, le film est projeté. C'est une bonne publicité, avoue M. Daoudi. L'un des films préférés des cinéphiles, «Casablanca», a également suscité des noms de cafés ou restaurants partout dans le monde: du bar Casablanca à Tel-Aviv au Rick's Café à Franc-fort, du Bogey's Bar à Tokyo au Bogart's Pub à Portland, Oregon.

Au Casablanca Bar, à Casablanca, le pianiste Hratch ne compte plus les clients qui lui demandent de jouer «As Time Goes By» - parfois cinq fois dans la même soirée. Quelquefois, ils ne savent même pas le nom de la chanson, ils disent «Play it again, Sam!» (AP.)