Angoulême consacre Munoz et le manga

n.c.

Dimanche 28 janvier 2007

Le jury du Festival de la bande dessinée d'Angoulême (FIBD) a donné une dimension résolument internationale à son palmarès, en attribuant son Grand prix 2007 au dessinateur argentin José Munoz et, pour la première fois, le Prix du meilleur album à un manga.  

La 34e édition du festival, qui s'est achevée dimanche dans l'ouest de la France, constituait un test pour la nouvelle équipe dirigeante. Le festival était en effet pour la première fois scindé en deux pôles, l'Espace découverte (conférences, expositions...) en centre ville, et le Salon des éditeurs à la périphérie de la ville.  

Dès dimanche, le délégué général du festival Franck Bondoux a estimé le pari gagné, avec une fréquentation aux environs de 200.000 visiteurs, comparable à celle de l'édition 2005. Il y a eu beaucoup d'interrogations sur cette nouvelle implantation, je constate que le public se l'est appropriée, a-t-il affirmé.  

Les responsables des grandes maisons d'édition avaient affiché leur scepticisme sur la capacité de la nouvelle organisation à attirer le public, après une édition 2006 perturbée par la neige.  

Spécialiste du dessin en noir et blanc, José Munoz, Grand prix de la Ville d'Angoulême 2007, est l'un des principaux représentants de la BD sud-américaine. Il est notamment l'auteur de la série Alack Sinner avec son compatriote Carlos Sampayo pour scénariste.  Réfugié en Europe dans les années 1970, il a d'abord été publié en France dans le magazine Charlie mensuel. José Munoz succède à Lewis Trondheim au palmarès et présidera l'année prochaine le jury du festival.  

En attribuant le Prix du meilleur album à un auteur de manga, Shigeru Mizuki, le jury a tenu compte de l'importance croissante de la BD japonaise qui représente désormais plus du tiers des parutions de bandes dessinées en France et un quart du chiffre d'affaires du secteur. Une dizaine de mangas figuraient d'ailleurs cette année dans la sélection officielle de 50 titres du festival.  

Avec Shigeru Mizuki, 84 ans, c'est le manga d'auteur qui est à l'honneur, loin des idées reçues qui entachent la BD japonaise. Dans Non Non Bâ (Cornélius), primé à Angoulême, il mêle folklore et observation de la société japonaise contemporaine.  

Le jury a fait la part belle aux petites maisons d'édition, comme Cornélius, Atrabile ou L'Association, qui remportent la moitié des principaux prix, au détriment parfois d'une bande dessinée plus populaire. Outre l'Américain Charles Burns, auteur du roman graphique Black Hole (Delcourt), il a distingué principalement des représentants de la jeune génération d'auteurs de BD.  

Pour la troisième année consécutive, le Prix du meilleur album va à un auteur extérieur à la BD franco-belge traditionnelle, après l'Italien Gipi en 2006 et l'Iranienne Marjane Satrapi en 2005, confirmant ainsi le caractère international de ce festival.

(avec AFP)