Entrez dans le monde du podcasting musical

n.c.

Mercredi 13 décembre 2006

Le podcasting, un phénomène nouveau qui possède de nombreuses facettes. Penchons-nous aujourd’hui sur la question du podcasting musical.

Lors de cette série en deux volets consacrée au podcasting, nous vous proposerons le point de vue d’une personne qui met en place un système d’écoute de programme en ligne ainsi que le point de vue d’un expert, afin d’avoir un peu de recul sur la question.

L’internaute qui nous guidera dans ce point de vue sur le monde du podcasting musical sera Emeric Surian, webmestre de Sbobzik, qui est à l'heure actuelle un portail et un annuaire des radios en ligne.

Quand il s’agit de se plonger dans ce monde, un peu flou pour beaucoup et déjà dépassé pour quelques uns, qu’est celui de la musique en ligne, il est indispensable de définir les différents termes. C’est Emeric qui nous y aide.

Dans ce domaine de la musique en ligne, on peut distinguer trois grands phénomènes : le téléchargement par différents sites légaux ou illégaux, le streaming et le podcasting. Selon Emeric, « le téléchargement de musique sur Internet consiste à trouver des morceaux au format MP3 (ou n'importe quel format de fichier audio) dans le but de les enregistrer sur son disque dur. »

Notre guide poursuit son explication : « Le streaming audio est un système de diffusion, un serveur émet des données à des auditeurs, c'est le principe de la radio adapté à Internet (webradio), à la différence que le nombre d'auditeurs est limité sur une webradio, due à la limitation de bande passante du serveur ».

Enfin, et c’est le phénomène qui nous intéresse ici, le « podcasting est un système développé par Apple pour faciliter le téléchargement. Au départ, un format de fichier (RSS) regroupe les dernières nouveautés mises en ligne sur un site afin de permettre à un internaute, d'une part d'être informé de ces mises à jour sans visiter le site, et d'autre part d’accéder directement à l'information qui l'intéresse. Apple a développé une extension à RSS pour préciser en plus des mises à jour sur le site, l'adresse d'un fichier multimédia (audio, vidéo, autres) et toutes les informations relatives à ce fichier, son auteur, sa date de création... De cette façon, lorsqu'une personne est abonné à un podcast elle sait quand un nouveau fichier est disponible et peut choisir de le télécharger ou non ».

Bien sûr, il existe des appellations francophones plus ou moins farfelues pour définir cette activité. Nous avons choisi d’utiliser ici le terme podcasting pour plusieurs raisons : tout d’abord parce qu’il est le plus répandu, ensuite parce que cette contraction de iPod et de broadcasting souligne l’origine américaine de cette activité et rappelle que c’est grâce au baladeur numérique sus-nommé que s’est développée cette pratique.

Il existe différentes façons de procéder au podcasting : ponctuellement et par abonnement. Dans le premier cas, il vous suffit de naviguer à votre gré sur le site proposant une ou plusieurs émissions qui vous intéresse, de sélectionner l’émission en question et de l’enregistrer sur votre disque dur ou votre baladeur numérique en suivant la méthode qui vous est indiquée. Dans le second cas, il vous suffit de choisir l’option abonnement. Vous aurez alors les émissions qui se transféreront automatiquement dans votre lecteur (qu’il vous faut préalablement télécharger) à chaque mise à jour.

Techniquement, le podcasting est donc simplissime. Quant à sa réalisation, de très bons logiciels expliquent très clairement comment procéder. Cela explique la croissance exponentielle de sites mettant leurs émissions à la disposition des internautes ; et par là-même l’apparition d’autant d’émissions ridicules et pitoyables que de sites brillants et bienfaiteurs. Vous n’avez pas besoin de nos conseils pour les premiers, vous les rencontrerez malgré vous bien assez vite.

Une fois cette présentation de la technique effectuée, allons demander aux créateurs de podcasts comment ils y sont venus. Pour répondre à nos questions, Jeff Kopper et Ryan Dunno. Ils sont collaborateurs pour un site américain www.garagepunk.com ; le premier en est le créateur, le second en est un animateur.

A l’origine de leur podcasts, on trouve un forum de discussion consacré à deux styles de musique : le garage et le punk. Jeff et Bill, les deux administrateurs du forum, permettent aux adeptes de ces styles assez cousins de converser de leurs groupes préférés.

Jeff raconte : « Nous étions au mois de juillet deux mille cinq. Bill était plus au fait que moi des possibilités offertes par ce nouveau phénomène qu’était le podcasting et il m’a suggéré d’en créer un sur notre site internet. J’ai trouvé que l’idée était très intéressante, nous nous sommes donc mis à l’ouvrage et nous avons commencé à chercher des personnes susceptibles de vouloir animer des émissions pour nous. J’avais dans l’idée de faire une sorte de station de radio avec différents programmes disponibles, chacun animé par une personne particulière et avec une nouvelle émission mise en ligne quotidiennement ».

Répondant à l’appel à candidature, Ryan Dunno, ou Ryan Katastrophe comme il se présente au cours de ses émissions, nous explique sa démarche. « A l’époque de la demande de Bill et Jeff, je n’avais aucune idée de ce qu’était un podcast mais je me suis dit: ça, je peux le faire. J’ai préparé ma première émission et je ne me suis pas posé de questions depuis lors ». Vous pouvez écouter ses émissions en cliquant droit sur l’une des icônes « podcast » et choisir l’option « enregistrer sous ».

La question que l’on se pose devant ce genre d’émissions, mises gratuitement à la disposition des internautes, créées par des passionnés et écoutées par des passionnés, est la suivante : Qui paie les droits d’auteur des titres diffusés ?

En réponse à cela, Jeff part alors dans une tirade que l’on sent habituelle : Nous essayons d’obtenir la permission d’autant de labels et d’artistes que possible (nous avons une page entière consacrée aux permissions de diffusion sur notre blog), mais cela serait impossible d’avoir la permission de chacun des propriétaires des "copyrights". Alors oui, nous avons l’autorisation pour diffuser la plupart des titres que nous programmons, mais encore une fois, je n’ai jamais rencontré un groupe qui ait un problème avec le fait que l’on diffuse sa musique. Il faut évidemment garder à l’esprit que nous ne diffusons jamais des titres appartenant à une "major", car ce serait beaucoup plus risqué. Il me semble que la plupart, si ce n’est l’intégralité, des artistes que nous diffusons réalisent les bénéfices d’avoir leur musique programmée dans une de nos émissions. On les met en valeur gratuitement, comme une radio traditionnelle. Et en effet, beaucoup sont très fiers d’entendre un de leurs titres dans nos émissions. Ils comprennent que nous n’essayons pas de profiter d’eux, les titres étant compressés de telle façon que cela rend impossible leur exploitation en dehors des émissions. Ce serait de toutes façons compliqué d’extraire un morceau de nos programmes puisque nos animateurs utilisent des transitions progressives, exactement comme à la radio.

Le garagepunk dot com podcast comme on peut l’entendre prononcer au cours des différents programmes n’est évidemment qu’un exemple de ce que peut être le podcasting. Il était néanmoins intéressant de comprendre la façon de laquelle peut fonctionner cette technique quand il est question de musique.

Nous nous intéresserons prochainement à un autre domaine d’application du podcasting : la culture. Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez d’ores et déjà lire un article paru dernièrement dans Le Soir sur le podcasting en Belgique.