« Tintin au Congo » toujours menacé d’interdiction

n.c.

Lundi 22 novembre 2010

Bienvenu Mbutu Mondondo et L’ASBL française Le Cran se battent toujours en justice pour faire cesser la parution de la BD « Tintin au Congo » au motif qu’elle contient des propos racistes inacceptables.

Les plaignants et les défendeurs, la SA Moulinsart et les éditions Casterman, ont plaidé lundi devant le tribunal de première instance de Bruxelles, en référé.

« Nous ne voulons pas faire le procès d’Hergé », a plaidé Me Ahmed L’hédim, conseil des demandeurs, « mais celui d’une époque où le racisme était ancré dans les mentalités ».

Selon l’avocat, ces mentalités ont évolué ainsi que la législation sur les droits humains. Ses clients demandent à ce titre la cessation de la vente des exemplaires de « Tintin au Congo ». A titre subsidiaire, ils souhaitent qu’un bandeau accompagne l’album afin d’avertir le lecteur que l’œuvre contient des propos racistes, comme c’est déjà le cas pour les versions anglaises éditées par Egmond.

Mais ils veulent aussi qu’une préface explique le contexte et l’époque de la rédaction de la bande dessinée, et enfin, que cette dernière soit déplacée des rayons « enfants » vers les rayons « adultes » des librairies.

Lundi, les parties ont plaidé sur la question relative à la compétence du tribunal de première instance et sur celle relative à la production des contrats entre Casterman et la SA Moulinsart demandée par les plaignants. Selon ces derniers, le demandeur qui n’est pas commerçant a le choix de saisir le tribunal de première instance ou celui de commerce.

Pour les défendeurs, la juridiction compétente l’est en fonction de la nature de l’acte. « Il s’agit bien ici d’un acte commercial puisqu’on parle de supprimer une vente. C’est donc le tribunal de commerce qui aurait dû être saisi », a plaidé Me Sandrine Carneroli.

Quant aux contrats, ils permettraient, selon les demandeurs, de savoir qui de Casterman ou de la SA Moulinsart détient les droits de gestion et d’exploitation de l’œuvre.

Me Carneroli a répondu en affirmant qu’il n’y avait pas lieu de produire ces contrats par ailleurs couverts par le secret des affaires.

« C’est très simple, la SA Moulinsart détient tous les droits de gestion et d’exploitation de l’œuvre d’Hergé sauf les droits d’édition », a expliqué l’avocate, estimant que la SA Moulinsart a donc été citée abusivement.

L’affaire est mise en continuation au 8 décembre prochain. Une décision interviendra alors dans les deux mois.

(Belga)