Dossier pilotes – ITW Légendes du circuit
n.c.
Samedi 14 janvier 2012
Passionné par le sport automobile depuis son plus jeune âge, Maxime, fils de Jean-Michel Martin, savait qu’il lui faudrait se faire un prénom. En attendant d’accéder peut-être un jour à la F1, il s’est engagé en GT où ses qualités innées de pilote font merveille.
J’ai suivi les courses de mon père depuis tout petit. C’était une évidence. Pourtant, mon père ne m’a jamais poussé. L’envie était là mais j’ai commencé tard, une fois que j’ai trouvé mes premiers sponsors.
Je n’ai pas eu besoin d’apprendre la conduite, c’est quelque chose qui est venu instinctivement. Plus on roule, plus on s’améliore et plus on apprend à connaître ses limites. Mon père m’a donné quelques conseils, pas sur le pilotage mais plutôt sur les à-côtés, comme les contrats.
À l’époque de mon père, il y avait beaucoup moins de gens en course. Aujourd’hui, les catégories se sont multipliées comme les pilotes. La sélection est d’autant plus sévère. Tous les pilotes qui roulent à un haut niveau espèrent un jour prendre les bonnes places.
C’est ma troisième saison. Je fais ça à plein-temps. Au mieux, c’est 32 week-ends de course. Si on compte les déplacements à l’étranger, ça devient impossible de travailler à côté.
La pole aux 24 h de Spa en GT3. Avoir été le rookie (le meilleur débutant) de l’année au Mans, c’est un accomplissement.
Cinq fois championne de Belgique des conductrices, Christine Beckers a totalisé dans sa carrière cinq cents départs, que ce soit en rallye, sur circuit, en course d’endurance, en course de côte, en slalom ou en raid. Toujours au bord des circuits aujourd’hui, elle exerce comme journaliste sportive.
Mon père m’a emmenée à un Grand Prix de Francorchamps. Je crois que c’était en 1958, celui où Teresa de Filippis courait en F1. L’ambiance m’a envoûtée. Comme j’avais deux frères plus jeunes qui étaient passionnés, ils m’ont emmenée voir courir les légendes de l’époque. Mais j’ai commencé assez tard à conduire parce que mes parents étaient contre.
J’ai tourné à Zolder avec Lucien Bianchi. C’était dans son Alfa GT, il a pris le volant et il a fait exploser le moteur ! Quelques mois plus tard, il se tuait au cours des essais des 24 h du Mans.
Il y avait pratiquement un mort par course, ce qui explique la réticence de mes parents. Je m’en veux aujourd’hui de leur avoir fait vivre ça. Ni les voitures ni les circuits n’étaient sécurisés comme ils le sont aujourd’hui. Sur la grille de départ, on se regardait tous en se demandant qui ne serait plus là à l’arrivée.
J’adore ça, mais le sport est resté très machiste. Elle va vite… pour une femme ! C’est la phrase que j’ai entendue le plus. Après une victoire, il m’est arrivé que des pilotes déposent réclamation parce qu’ils étaient convaincus que j’avais trafiqué mon moteur pour gagner. Le règlement prévoit alors qu’on le démonte après la course pour vérifier s’il est conforme.
Toujours actif aujourd’hui, Éric van De Poele est un pilote éclectique qui a conduit au moins 70 voitures aux côtés de plus de 80 équipiers sur au moins 80 circuits aux quatre coins du monde.
J’ai toujours conduit dans ma tête, et ce, depuis que je suis très jeune. C’est à 6 ans que j’ai décidé de faire de la F1. Tout ce que j’ai fait par la suite était orienté vers cet objectif, mes études, mes loisirs, mes choix professionnels. J’ai attendu mes 18 ans et l’âge du permis de conduire pour prendre mon premier volant en course. J’ai beaucoup roulé à moto, ce qui est une excellente école. Comme je n’avais pas le soutien de sponsors, j’ai dû faire mon chemin tout seul. Je me suis donc servi de mes résultats en tourisme pour conduire en formule 1.
Je continue tant que je peux en faire mon métier. Il fait reconnaître que c’est de plus en plus dur. Il y a quelques années, c’était un sport extrême, il est maintenant tellement plus sécurisé et les voitures sont de plus en plus faciles à conduire. C’est évidemment bien d’un côté, mais de l’autre, c’est devenu un sport plaisir pour les pilotes qui en ont les moyens. Dans les écuries comme dans les entreprises, les priorités sont financières.
Pour réussir aujourd’hui, il faut commencer très tôt, à 10 ans au plus tard, en kart. L’investissement qui est de 10.000 € par an représente une somme considérable. Je préfère voir ça comme une magnifique école de vie et un hobby complémentaire.
Je ne suis encore sûr de rien. J’espère en tout cas qu’avec la Volvo avec laquelle je roule en BTCS, je pourrai terminer le championnat à la première place.
Championne de Belgique des conducteurs en 69, elle a excellé en rallye et surtout en catégorie tourisme où elle a gagné des courses par douzaine. Digne représentante du sport automobile féminin, ses duels avec Christine Beckers ont été suivis comme ceux de Justine et Kim.
J’habitais tout à côté du circuit de Zolder que j’ai vu construire en 1956. J’avais déjà fait quelques tours sur circuit et puis, c’est par hasard que j’ai commencé à faire du rallye, grâce à un ami de mes parents qui avait un restaurant et était secrétaire de l’écurie Mille Miglia. Il m’a invitée à disputer un rallye local sous ses couleurs et puis j’ai fait le tour de Belgique.
Ils ne se rendaient pas compte. Mon père venait me voir rouler, mais je ne voulais pas que ma mère vienne. Heureusement, à cette époque, on pouvait faire des résultats avec une voiture normale. Une moyenne de 60 km/h était alors très rapide.
Jeune, j’étais un peu timide mais, une fois sur le circuit, j’avais la gagne et je n’hésitais pas à aller chercher mes adversaires comme je l’ai fait en 1969 à Zolder avec Jean-Pierre Gaban. Il roulait dans sa Porsche 911, je l’ai talonné dans ma Ford Escort. Je connaissais son caractère et je savais comment l’énerver et le pousser à la faute.
J’ai fait quelque chose que très peu de femmes ont réussi. Pour moi, c’est ça qui est important, même si ça ne m’a pas rapporté beaucoup de sous. J’ai eu mon temps. Maintenant je fais encore les rallyes old timer, c’est sympa de retrouver quelque chose qu’on a adoré. À Mettet, j’ai eu l’occasion de rouler sur circuit et ça fait du bien de retrouver des chevaux sous le pied.
En quarante-cinq ans de pilotage, il a participé à plus de cinq cents épreuves et a remporté dix titres nationaux et un européen en monoplace comme en biplace. Sans la crise du pétrole de 73, il était prêt à accéder à la catégorie reine de la F1.
J’ai assisté au dernier Grand Prix du Bois de la Cambre, assis sur les épaules de mon père. La course avait commencé par un carambolage monstre parce que, sur une des voitures, on avait monté la boîte de vitesses à l’envers. Le pilote de cette voiture, c’était Paul Swaelens, que j’ai retrouvé vingt ans plus tard et qui m’a accompagné et conseillé pour une partie de ma carrière.
J’ai été en Angleterre suivre des cours à la Jim Russel Racing School, je voulais aussi en profiter pour apprendre l’anglais. Quand je suis arrivé, j’ai été un peu saisi de voir les voitures de l’école tout abîmées. En fait, c’est parce qu’elles avaient servi dans le film « Grand Prix » de John Frankenheimer. Après deux mois, j’étais devenu instructeur et puis j’ai eu des voitures expérimentales, j’ai couru en formule Ford où j’ai tout gagné, ce qui m’a permis de passer en formule 3.
J’ai surtout appris à gérer la concentration. Quand je roulais sur Ford, je jouais aux échecs avec un adversaire de force égale. J’ai fait des parties d’échecs pendant tout un week-end pour aiguiser ma concentration. C’est ce qui permet de terminer une course en restant concentré. Aujourd’hui, l’encadrement, les restrictions et l’évolution des voitures poussent à être moins concentré, c’est un risque.
Fille du pilote Quirin Bovy, Sarah était, à 18 ans, le plus jeune pilote de l’histoire des 24 h de Spa-Francorchamps. Elle est aujourd’hui l’un des plus grands espoirs du sport automobile belge.
En kart, c’est là qu’on peut le plus facilement apprendre la bagarre sur circuit. C’est essentiel dans les championnats. Ça permet de se battre avec des pilotes et c’est le meilleur moyen de rester en forme. Un pilote, quand on le met sur une piste avec un engin, quatre roues et un moteur, il va toujours vouloir aller devant les autres et gagner à tout prix.
Il faut pouvoir se remettre en question à chaque fois. Une course peut se passer très bien et la suivante être une catastrophe. Et puis, quelle que soit la discipline, le pilote est dépendant d’éléments extérieurs, de la voiture, de l’équipe. Mais l’équipe est aussi dépendante du pilote. Il faut que tout le monde soit au top. C’est difficile quand vous êtes pilote et que vous avez fait une connerie de simplement rentrer au stand et dire : Désolée, j’ai fait une bourde.
Ma vie de pilote, c’est 1 % sur le circuit et le reste. Il faut apprendre à communiquer avec les médias et les sponsors et donner envie de s’intéresser à vous. Il faut arriver à attirer l’attention sur vous et prouver que vous êtes le meilleur élément.
J’ai envie de retrouver la monoplace et le sport proto. Tout dépend de ce qui va se décider dans les semaines qui viennent.
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