« Une Wallonie indépendante ? Intenable »

n.c.

Vendredi 16 septembre 2011

À la veille des Fêtes de Wallonie, l’essayiste wallon Jules Gheude, partisan du rattachement à la France, a répondu à vos questions de 14h à 15h.

Pensez-vous, comme Rik Torfs, que la Wallonie devenue région française « serait une petite région française sans pouvoir aucun, et avec sans doute moins de touristes que la Provence et la Côte d’Azur » ? (Florestan)

On constate aujourd’hui que toutes les régions de France ont un PIB supérieur à celui de la Wallonie. La Wallonie, intégrée à la France, serait loin de venir les mains vides. En outre, elle permettrait à l’Hexagone d’accroître sensiblement et de manière pacifique son territoire et sa population. Nous serions loin, je pense, d’être la cinquième roue de la charrette. Il y a quelques années, Elio Di Rupo avait d’ailleurs fait observer qu’en matière d’exportations, nous étions à la troisième place en France.

La Fédération Wallonie-Bruxelles a-t-elle un avenir ? (Monsieur Kiwi)

La fédération Wallonie-Bruxelles est une démarche tactique face au comportement flamand visant à nier Bruxelles comme région à part entière. En cas de démantèlement de la Belgique, que je considère inéluctable, d’aucuns envisagent de transformer cette fédération en Belgique résiduelle. Ce scénario ne serait ni réaliste ni viable. Nous aurions, en effet, un ratio dette/PIB qui excéderait les 100% et ne satisferait donc pas aux critères de l’euro. En outre, Wallons et Bruxellois constituent des populations humainement et sociologiquement distantes, qui ne constitueraient nullement une nation.

Un rattachement de la Wallonie à la France ne serait-il pas le pire scénario pour Bruxelles, enclavée en Flandre ? La Fédération Wallonie-Bruxelles n’est-elle pas une garantie pour elle ? (Pimprenelle)

Mon sentiment est que les Bruxellois tiennent trop à leurs spécificités pour vouloir aller avec les uns ou avec les autres. Mais c’est bien sûr à eux de se déterminer quant à la voie d’avenir post-belge qu’ils souhaitent emprunter. Concernant l’enclavement de Bruxelles, la France pourrait conditionner sa reconnaissance d’un État flamand indépendant au désenclavement de Bruxelles. Reste aussi, pour Bruxelles, la possibilité d’opter pour un statut de ville libre internationale qui serait très viable financièrement et qui permettrait de continuer à abriter le siège des grandes organisations internationales et européennes.

Une Wallonie indépendante serait-elle viable ? (JMG)

Le scénario d’une Wallonie indépendante serait intenable sur le plan des finances publiques. En 2009, le solde net à financer pour une Wallonie autonome se serait élevé à 10,488 milliards d’euros, ce qui représente environ 27% de ses dépenses publiques et 13,5% de son PIB pour un objectif de la zone euro fixé à 3%. Mais, en cas de scission, le scénario serait pire encore. On connaîtrait une situation identique à celle de la Grèce aujourd’hui.

En cas de mise sur pied d’un gouvernement fédéral dirigé par Di Rupo, craignez-vous un appauvrissement de la Wallonie ? (Bernard)

Le ministre-président Rudy Demotte a déclaré au Soir en mai dernier que la Flandre disposerait en 2014 de six fois plus de moyens que la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles réunies, soit 2,5 milliards contre 400 millions d’euros. Je pense que cela répond largement à votre question.

Chat résumé par Antoine Jacquet (St.)