120 jours, puis 5 minutes de courage politique

MOUTON,OLIVIER

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Lundi 26 octobre 2009

Les francophones doivent une fière chandelle aux germanophones. Ce lundi, le parlement d’Eupen vote une motion en conflit d’intérêts qui octroiera cent vingt jours de plus pour trouver une solution à l’épineuse question de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Faute de quoi, les parlementaires flamands auraient voté la scission sans autre forme de procès.

Attention : ce sont sans doute les cent vingt derniers jours disponibles avant que cette bombe atomique de la politique belge n’explose vraiment. Seule une assemblée pourrait encore jouer la montre en mars prochain : le parlement bruxellois. Difficile d’imaginer le vote, en son sein, d’une motion en conflit d’intérêts par la majorité francophone contre la minorité flamande. Ce serait la fin du gouvernement Picqué et l’illustration absurde de ce que l’on reproche précisément aux Flamands : la loi du nombre.

Plus de tergiversations. Le Premier ministre Herman Van Rompuy pourra-t-il trouver en quatre mois une issue à un dossier insoluble depuis quatre décennies ? La réponse est oui ! Pour autant qu’une sincère volonté d’aboutir soit au rendez-vous, ce qui reste encore à démontrer.

Oui, BHV peut être scindé, pour autant que des concessions suffisantes soient accordées aux francophones de la périphérie. Et pour autant que cette frontière administrative ne devienne pas une frontière d’Etat. Impossible ? Mais non… En 2005, sous Verhofstadt, un compromis avait été trouvé, qui mêlait scission et respect des droits démocratiques desdits francophones. Acceptable pour tous… sauf pour le petit parti nationaliste Spirit, qui avait claqué la porte.

L’épreuve de vérité, cette fois, se joue au CD&V. Le parti du Premier ministre pourra-t-il, au fédéral, dépasser les provocations d’un gouvernement flamand, qu’il dirige également – comme la récente décision concernant l’inspection scolaire ? Osera-t-il refuser la stratégie du pourrissement prônée par la N-VA ?

Cent vingt jours pour négocier. C’est court, mais jouable. Van Rompuy aura ensuite besoin de cinq minutes de courage politique pour transformer l’essai. En prenant ses distances avec un nationalisme flamand passéiste, il gagnerait définitivement ses galons d’homme d’Etat.