2,3 milliards nécessaires pour boucler le budget

BERNS,DOMINIQUE

Mercredi 15 février 2012

Selon le rapport annuel de la Banque nationale de Belgique, 2,3 milliards d’euros d’effort seront encore nécessaires pour ramener le déficit à 2,8 % du PIB cette année.

La présentation du Rapport annuel de la Banque nationale de Belgique (BNB) constitue un moment clef du calendrier politico-économique, offrant un bilan fouillé des évolutions de l’économie et des finances publiques. Cette année, cependant, l’intérêt portait moins sur l’analyse de 2011 que sur les prévisions pour 2012. Car si la BNB avait publié ses projections à la mi-décembre, celles-ci étaient déjà « périmées », puisqu’elles n’incluaient pas les mesures budgétaires prises par le nouveau gouvernement – soit 11,4 milliards d’euros d’économies et d’impôts supplémentaires.

Cette semaine, la conférence de presse du gouverneur de la BNB, Luc Coene était donc très attendue – notamment parce la Banque devait chiffrer les mesures d’assainissement budgétaire additionnelles nécessaires pour permettre à la Belgique de remplir ses obligations européennes en matières de finances publiques. Et on n’a pas été déçu…

L’économie belge va stagner cette année. Alors qu’en décembre, la Banque s’attendait encore à une croissance de 0,5 %, elle prévoit désormais une légère baisse – de 0,1 % – du PIB (le produit intérieur brut, soit la somme des richesses créées par l’économie). 2012 sera caractérisée par une stagnation des revenus disponibles et de la consommation privée. Il n’y aura pratiquement pas de créations nettes d’emplois. Mais le second semestre verrait un lent redémarrage de l’activité.

Croisons les doigts. Tout en se rappelant que la dégradation rapide de la conjoncture au 2e semestre 2011 avait pris les prévisionnistes de tous bords par surprise, les forçant à revoir plusieurs fois à la baisse leurs projections. Ainsi, il y a un an, la Banque annonçait pour 2012 une croissance de… 2,3 % !

Côté finances publiques les nouvelles ne sont pas bonnes. Selon la Banque nationale, le déficit public atteindrait, cette année, 3,4 % du PIB. Et ce, compte tenu des mesures annoncées à la fin novembre et du gel de dépenses, à hauteur de 1,3 milliard, annoncé au début de l’année.

Dur, dur le contrôle budgétaire

L’Institut des comptes nationaux (ICN) est cependant en train de revoir les comptes des administrations locales. Les nouveaux chiffres seront connus à la fin de mars. Et l’ICN annoncera une bonne nouvelle, que le gouverneur a dévoilée : il apparaît que le solde sera moins négatif que précédemment estimé. De sorte que le déficit de l’ensemble des pouvoirs publics sera moins élevé, de l’ordre de 3,1 % du PIB.

Sachant que le gouvernement belge s’est engagé à réduire le déficit, cette année, à 2,8 % du PIB, l’effort encore à fournir ne sera cependant pas mince. Car 0,3 % du PIB, cela représente 1,1 milliard d’euros. Et ne nous y trompons pas : l’annonce d’un gel de 1,3 milliard d’euros de dépenses visait simplement à calmer la Commission européenne. Il faudra également traduire cette « promesse » en mesures concrètes.

Autrement dit : après un effet d’assainissement « historique » de 11,4 milliards d’euros en fin novembre, le gouvernement va devoir s’entendre sur des mesures additionnelles – réductions de dépenses et hausses d’impôt – pour un montant d’un peu plus de 2,3 milliards. C’est sensiblement plus élevé qu’attendu, puisqu’on tablait généralement sur un montant compris entre 1 et 2 milliards. Le contrôle budgétaire de mars risque bien d’être un casse-tête pour nos éminences.