2006, année intense

BODEUX,JEAN-LUC

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Mardi 31 janvier 2006

Virton Le Musée gaumais se réserve un programme copieux

Printemps des musées, publications, double exposition, Journées du patrimoine, le menu est dense.

Si le Musée gaumais est en léthargie avant la réouverture pascale, de nombreux projets sont en préparation pour une année 2006 qui sera plus intense que 2005, qualifiée de « transition » par le conservateur Constantin Chariot. « Nous avons eu moins de 14.000 visiteurs, contre 22.000 pour les bonnes années, notamment avec les expositions dédiées à Barthélemy ou Raty. On espère faire aussi bien avec Marie Howet. »

L'équilibre financier en a pris un coup, puisque le compte présente un déficit de près de 70.000 euros. L'absence d'expo phare, et donc de subsides exceptionnels, y est pour quelque chose. « Mais d'un autre côté, note le conservateur, grâce à l'expo consacrée aux peintres contemporains, nous avons pu enrichir nos collections avec une de leurs oeuvres. »

Huit des dix communes gaumaises administratrices du Musée ont par ailleurs accepté d'augmenter leur dotation annuelle de 50 %. La commune d'Etalle a également dégagé un montant de 10.000 euros pour refaire les moulages des pierres sculptées découvertes en 1958 dans un mur de soutènement à Montauban, dont la célèbre moissonneuse des Trévires. Le musée lapidaire est en voie de classement et les ruines des forges devraient être chapeautées d'une structure de protection.

Toujours côté infrastructure, le Musée espère que les travaux dans la grange du musée de Montquintin démarreront cette année, tout comme la rénovation de l'ancienne conciergerie du musée de Virton, qui permettra d'accueillir tous les vieux métiers.

Côté menu culturel 2006, on citera le 31 mars une journée d'étude sur le dolmen de Gomery. Le « Printemps des musées » sera une journée plus grand public, le les 20 et 21 mai, sur le thème de l'art de la table. Une douzaine de tables seront décorées avec des céramiques, faïences, verrerie et argenterie issues des collections, sans oublier des créations contemporaines au service des produits de bouche gaumais !

Les Journées du patrimoine seront une autre date clé, avec la reconstitution d'une chambre d'hospice, dans le cadre du thème « patrimoine et citoyenneté ». L'ancien couvent des Récollets, siège actuel du musée, fut aussi hospice civil. Le musée expliquera, par le texte et en exposition, comment l'aide sociale se faisait à l'époque. On citera encore une expo spécifique en parallèle du Salon du jouet, en octobre, et la publication d'une nouvelle formule du « Pays gaumais » qui présentera, en cinq éditions, les collections du musée. En 2006, place aux beaux-arts !

Deux peintres de nouveau aux cimaises, dont Marie Howet

Si le nom d'Auguste Musquin n'évoque strictement rien pour vous, il en va sans doute autrement de celui de Marie Howet. En 2006, leurs oeuvres seront exposées au Musée gaumais, au printemps puis en été.

En guise « d'apéritif », du 1er avril au 28 mai, le musée va faire connaître le talent caché de l'aquarelliste de Ethe, né en 1965, comme son illustre voisin virtonais Nestor Outer. Musquin, disparu en 1940, sera beaucoup plus discret, car sa peinture n'était qu'un hobby. Il pratiqua l'aquarelle en autodidacte, parcourant les villages du sud de la Gaume, de Virton à Chenois et de Ruette à Robelmont. Il éveilla notamment la fascination de cette technique chez Pierre Chariot dont les talents, toujours bien vivants, suscitent encore l'admiration.

Marie Howet est une artiste d'un gros calibre en Luxembourg. Si sa cote n'atteint pas celle des Raty et Barthélemy, elle est tout de même une des artistes majeures de la Wallonie. L'exposition estivale lui sera entièrement consacrée, de fin juin à fin octobre.

Constantin Chariot n'aura que l'embarras du choix pour accrocher aux cimaises une bonne centaine d'oeuvres, des huiles principalement, mais aussi des collages, des moulages, des gravures. Des oeuvres qui sont surtout dans des collections privées, partout en nombre assez conséquent !

Cette exposition sera l'occasion de publier un catalogue, déjà financé par deux sponsors, sur le travail de cette Libramontoise née en 1897, disparue en 1984. Elle fut la première femme à recevoir le « prix de Rome », en 1922. Cet artiste qui vécut surtout à Rochehaut fut paysagiste et portraitiste. On attend avec impatience de la redécouvrir.