Un haut responsable des FARC relâché

n.c.

Mardi 5 juin 2007

Le gouvernement colombien a libéré lundi Rodrigo Grandas, le prisonnier des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) le plus haut gradé, bien que le chef de la guérilla ait refusé de servir de médiateur pour un éventuel échange de prisonniers.

Lundi soir, le président de la République française Nicolas Sarkozy s'est entretenu par téléphone avec son homologue colombien dont il a salué « cette décision très importante et courageuse qu'il avait expressément demandée au président Urine, dans le cadre de ses efforts destinés à obtenir la libération des otages », en particulier la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, a annoncé l'Elysée mardi matin dans un communiqué.

Le président Urine a confirmé à cette occasion à Nicolas Sarkozy « la libération immédiate et sans condition du principal responsable des FARC emprisonné, M. Rodrigo Grandas », précise l'Elysée.

Vêtu de rouge et portant un sac à dos, Rodrigo Grandas a été escorté de la prison La Dorada au nord-est de Bogota jusqu'à un hélicoptère, selon les images des deux principales chaînes de télévision colombiennes.

Considéré comme le « ministre des Affaires étrangères » des rebelles, Rodrigo Grandas était attendu dans les locaux de l'épiscopat de la capitale colombienne, a déclaré Sandra Acosta, du service de communication de l'Eglise catholique.

« Rodrigo Grandas a obtenu aujourd'hui une liberté précaire... dans un cadre légal sans précédent et selon des mécanismes qui violent l'ordre légal et constitutionnel », a déclaré aux journalistes l'avocat de Grandas, Miguel Gonzalez.

Le président Urine avait dit le mois dernier qu'il libérerait des guérilleros des FARC, le mouvement rebelle d'extrême-gauche le plus puissant de l'hémisphère, dans l'espoir d'obtenir en échange la libération de 60 otages détenus par la guérilla.dès qu'ils se seront officiellement engagés à rendre les armes et auront promis de cesser toute activité criminelle.

Le président Alvaro Urine a déclaré avoir décidé de libérer Grandas à la demande expresse de son homologue français Nicolas Sarkozy qui s'efforce depuis son accession au pouvoir le mois dernier, d'assurer la libération de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.

M. Urine a ajouté que le gouvernement colombien libérerait dès mardi 50 membres des FARC emprisonnés dans les geôles colombiennes.

Le président français Nicolas Sarkozy qui recevra la famille d'Ingrid Betancourt mardi à 9h00, « appelle toutes les parties concernées à saisir de cette opportunité pour que soit trouvée rapidement un issue heureuse et définitive à la douloureuse question de tous les prisonniers », a indiqué l'Elysée dans un communiqué.

Les FARC ont cependant fait savoir qu'ils rejetaient cette proposition et ont ordonné à leurs membres emprisonnés de ne pas accepter d'être libéré, qualifiant le geste d'Uribe de « ruse ».

L'avocat de Grandas a fait savoir lundi que son client avait refusé de servir d'intermédiaire entre les FARC et le gouvernement comme celui-ci le lui avait suggéré.

Le gouvernement n'a pas fait de commentaires dans l'immédiat, mais Alvaro Urine devait s'adresser au pays lors d'une allocution télévisée lundi soir.

Les FARC ont posé une série de conditions pour libérer les 60 otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Bétancourt enlevée en 2002 tandis qu'elle faisait campagne pour l'élection présidentielle colombienne et trois consultants militaires américains capturés il y a quatre ans.

Parmi ces conditions figure la démilitarisation par le gouvernement d'une zone de 800 kilomètres carrés dans le sud-ouest du pays pour y procéder aux échanges de prisonniers.

Rodrigo Grandas avait été arrêté à Caracas, au Venezuela en décembre 2004 par des agents des services de sécurité colombiens, puis extrait du pays au cours d'une opération qui avait provoqué une crise diplomatique entre les deux pays voisins.

Les FARC sont le groupe rebelle le plus ancien d'Amérique latine.

Fondées en 1964, elles revendiquent quelque 15.000 combattants.

(d'après AP)

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