Trois défis, sans tabou ni diktat

DELVAUX,BEATRICE

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Samedi 9 juin 2007

L'édito

rédactrice en chef

Non, l'élection de dimanche ne concerne pas Charleroi. Mais oui, la saga carolo risque d'influencer l'électeur. Et c'est bien ce qui fait exploser les relations entre les deux partis dominants francophones. Le PS mérite-t-il une cure d'opposition ? Le MR est-il plus arrogant et dénigrant que réformant ? Leur duel sanglant va-t-il pousser les électeurs vers les formations plus vierges de l'usure du pouvoir ? Ou suscitera-t-il un rejet du politique, un regain de l'extrême droite ? Ces questions nées des « affaires » se sont soudain imposées, pervertissant les enjeux du vote de dimanche.

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Trois défis, sans tabou ni diktat

rédactrice en chef

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« Le Soir » l'a martelé : si l'on avait extirpé ces chancres locaux au scalpel, on aurait évité une collision d'agendas qui plonge l'élection dans un suspense inédit côté francophone. Cependant ce n'est pas à l'avenir de Charleroi que le nouveau gouvernement devra s'atteler mais à trois enjeux prioritaires pour la Belgique.

1. La modernisation de l'appareil économique et environnemental. La coalition laïque sortante a engrangé des avancées sociétales cruciales (euthanasie, homosexualité). Mais tout ou presque reste à faire - notre état des lieux du pays le démontrait - sur la modernisation de nos structures étatiques, économiques, technologiques, de recherche et développement ainsi que dans notre adaptation aux défis environnementaux. Il en va de nos emplois et de notre survie.

2. Garantir le bien-être. Pouvoir d'achat en diminution, élargissement des inégalités, difficultés des familles éclatées ou des personnes âgées : il y a urgence.

3. Assurer le vivre ensemble. La Belgique figurait dans notre état des lieux dans le top des nations racistes. C'est un choc. Beaucoup reste donc à faire pour assurer l'intégration harmonieuse des populations étrangères.

Une seule méthode permettra de confronter ces défis : le « ni-ni », ni tabou, ni diktat. Non aux tabous du politiquement correct qui ont trop souvent empêché de confronter les problématiques du chômage et de l'immigration. Non aux tabous ou diktats sur les discussions éthiques. Il faut prendre ses responsabilités dans un équilibre entre l'évolution des moeurs et les nécessaires limites à imposer au terrain de vie sociétal. Non au diktat des communautarismes qui mettent à mal le principe intangible de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Non enfin au diktat en matière de réforme de l'Etat. Il faut l'envisager lorsqu'elle accroît le bien-être des individus et l'efficacité de l'Etat. Et la refuser lorsqu'elle ne vise que le repli identitaire.

Le risque existe, si le CD&V gagne l'élection dimanche, que cet agenda communautaire prenne le pas sur les préoccupations prioritaires énoncées ici. Le devoir des partis francophones sera alors de se ressouder.

Pas de résultats.