Procès Rwanda : Ntuyahaga est allé chercher les casques bleus

n.c.

Mercredi 13 juin 2007

L'ex-major Bernard Ntuyahaga a reçu comme mission d'aller chercher en minibus, au départ du camp Kigali, les dix casques bleus belges qui y seront tués, a indiqué devant la cour d'assises un ex-officier de l'armée rwandaise.

Le sous-lieutenant Grégoire Munana contredit ainsi la version de l'accusé qui a toujours affirmé qu'il les avait pris en charge par hasard sur la route alors qu'il se rendait, à partir de son domicile qu'il n'avait pas quitté la nuit précédente, à son travail au camp Kigali.

Le témoignage de M. Munana, qui a été témoin du massacre des dix casques bleus belges le 7 avril 1994 au camp Kigali, est néanmoins empreint de contradictions.

M. Munana a varié dans ses auditions successives. En 2004, il avait indiqué, qu'en allant désarmer les casques bleus qui assuraient la protection de la Première ministre, M. Ntuyahaga assurait ainsi une mission qui était de faciliter l'assassinat de cette dernière.

Mercredi, il a indiqué qu'il fallait aller chercher les casques bleus car ils étaient attaqués. « Pourquoi ne pas avoir donné ces informations en 2004 ? », s'est interrogée la présidente, Karin Gérard, en relevant cette contradiction.

Le récit de M. Munana ne cadre pas plus avec les déclarations des cinq casques bleus ghanéens, qui accompagnaient les dix casques bleus belges mais qui ont été épargnés. M. Munana n'a pas fait état des coups que ces derniers disent avoir reçus. Il a souligné qu'ils avaient pu partir sans problèmes.

Le rôle de M. Munana dans le drame qui s'est joué au camp Kigali n'est de plus pas très clair. Selon un témoin, c'est lui qui a ordonné aux militaires de fracturer les magasins d'armes consignées qui seront utilisées pour tuer les dix casques bleus. Ce qu'a nié M. Munana à l'audience.

Dégager le vrai du faux

« La difficulté dans ce type de témoignage, c'est de dégager le vrai du faux, surtout quand il s'agit de quelqu'un qui avait des responsabilités », a commenté, à l'issue de ce témoignage, Me Laurent Kennes, avocat des familles des dix casques bleus.

Pour ce dernier, on ne peut mettre en doute les affirmations de M.

Munana quand il dit que M. Ntuyahaga a quitté le camp Kigali pour aller chercher les dix casques bleus belges chez la Première ministre et qu'il s'agissait dès lors d'une mission qui avait été confiée à l'accusé.

« Cela fait 13 ans que l'on me parle de mission. Mais que l'on me dise de qui il l'aurait reçue », a répliqué la défense de M. Ntuyahaga.

(d'après Belga)

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