« On veut la peau d'un Noir »

BORLOO,JEAN-PIERRE

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Mercredi 13 juin 2007

Procès Rwanda Un nuage de fumée au procès Ntuyahaga

Dernière semaine de témoignages au procès de l'ex-major Ntuyahaga de l'armée rwandaise devant la cour d'assises de Bruxelles. Et l'on a bien peu parlé de l'accusé jeudi. Au point de se demander s'il ne s'agirait pas d'une intention délibérée.

Des militaires n'ayant que fort peu de choses à apprendre aux jurés ont défilé mardi matin à l'audience. L'après-midi, la cour a entendu pour la troisième fois Faustin Twagiramungu. La défense souhaitait lui poser également des questions. Ce qui a donné lieu à un débat politique sur les responsabilités des uns et des autres dans la nuit du 6 au 7 avril 1994, suite à l'attentat qui a coûté la vie au président Habyarimana.

Twagiramungu avait été désigné Premier ministre par les accords de paix d'Arusha. Agathe Uwilingiyimana était la Première ministre en fonction ; elle a été assassinée le 7.

Selon la défense, après l'attentat les militaires n'avaient aucune raison de consulter les représentants politiques. Ils pouvaient eux-mêmes informer les Rwandais par la radio et gérer la crise.

C'est une confiscation du pouvoir politique, estime au contraire Faustin Twagiramungu, un coup d'Etat. Son avocat, Me Vincent Lurquin, intervient : « sur deux heures de questions, la défense n'a parlé que deux minutes de Ntuyahaga. On cherche à refaire l'histoire et on ne parle pas de la nuit du 6 au 7, de l'organisation des assassinats et du génocide. Dans la planification, Bagosora ne pouvait agir seul... »

Puis l'avocat fustige son collègue de la défense. « Il est inadmissible d'entendre ici Me De Temmerman dire : je me trouve face à 10 millions de Blancs qui veulent la peau d'un Noir. » Et Me Benoît Lemal d'ajouter : « la défense utilise la stratégie du rideau de fumée. »

Pas de résultats.