Procès Rwanda : des militaires mal à l'aise devant les assises
BORLOO,JEAN-PIERRE
Mercredi 13 juin 2007
D'anciens collègues du major Ntuyahaga témoignent à son procès
Grégoire Munana, 41 ans, était sous-lieutenant des Forces armées rwandaises. Il est arrivé au camp Kigali quand les casques bleus belges y avaient déjà été déposés par l'accusé. Il a assisté à une partie du massacre des Belges. Des années plus tard, il en livre des bribes.
« Le major Ntuyahaga est allé en mission de l'état-major chez la Première ministre chercher les Belges » (NDLR : ce qui est contraire à la déclaration de l'accusé). Il ajoute à l'audience : « il fallait bien les aider ». Il lâche : « il est clair qu'en allant désarmer les casques bleus, il facilitait l'assassinat d'Agathe, la Première ministre. » Puis il se reprend : « c'est juste une hypothèse ».
Un pas en avant, un autre en arrière. Interrogé par des parties civiles il dira aussi qu'« il ne voyait pas ce qu'un militaire aurait fait chez lui, dans la nuit du 6 au 7 avril, après l'attentat contre l'avion présidentiel. Normalement, ils étaient tous, soit dans leur camp, soit à l'état-major de l'armée ». Le major Ntuyahaga dit qu'il n'a pas bougé de chez lui avant 9 heures du matin.
Jean-Marie Vianney Ndahimana était également militaire au camp Kigali. Il dit qu'il a essayé de s'interposer lors du massacre mais on l'a repoussé. M
Suite à une question du quatrième juré, l'avocat de la défense a demandé qu'il soit récusé car il aurait manifesté son opinion. Le juré avait demandé « qui a donné l'ordre à Ntuyahaga d'aller chez Agathe ? » La Cour n'a pas accepté la récusation, estimant qu'aucune opinion n'avait été manifestée.
De nouvelles constitutions de parties civiles sont encore intervenues, dont celle de l'Association nationale des para commandos - ANPCV.
La Cour a aussi fixé le calendrier des plaidoiries. Du lundi 18 au jeudi 21, les parties civiles, vendredi 22 le réquisitoire, lundi 25 la défense de l'accusé. Le marathon final est bientôt engagé.
