La Cites se clôt sur un bilan satisfaisant

n.c.

Vendredi 15 juin 2007

La conférence de La Haye sur les espèces menacées a pris fin vendredi sur un bilan jugé satisfaisant, alors que ce forum des Nations unies cherche à redéfinir son rôle, partagé entre la nécessité de protéger la nature et d'organiser son exploitation commerciale.

Cette réunion de deux semaines de la Convention sur le commerce international des espèces menacées de faune et de flore sauvages (Cites) a permis d'imposer de nouvelles limites à une exploitation commerciale effrénée de nombreux animaux et plantes. Une quarantaine de propositions ont fait l'objet de débats devant les représentants de 171 pays membres.

« Globalement, la conférence a été un succès, avec quelques décisions clés sur les anguilles, les poissons-scies, les coraux, les éléphants et les tigres » a estimé Susan Lieberman, directrice du programme des espèces au Fonds mondial pour la nature (WWF).

La solidarité africaine, proche d'éclater au sujet des éléphants, a fini par déboucher sur un compromis, pour un moratoire de 9 ans sur les ventes d'ivoire, salué par l'ensemble des ONG.

Des restrictions au commerce international du poisson-scie, menacé par la surpêche, et des coraux rouges et roses, très prisés en bijouterie, ont également été décidés.

Mais au-delà de ces espèces emblématiques, la Cites a également étendu sa protection à l'anguille européenne, le jour même où les ministres européens de la pêche décidaient à Luxembourg d'un plan de sauvegarde de l'espèce.

En revanche, une proposition visant à imposer des contrôles sur le commerce du requin-taupe a été rejetée. Et l'Union européenne a dû renoncer à demander des mesures de protection pour un bois tropical d'Amérique latine, le Cedrela, face à l'opposition des pays concernés par l'exploitation de cette plante.

La Cites entend cependant continuer à élargir son champ d'action. « Nous avons été tenus à l'écart des espèces marines et végétales commerciales et c'est en train de changer progressivement », a estimé Willem Wijnstekers, secrétaire général de la Cites, rappelant le cas de l'interdiction en 2006 des exportations de caviar. Mais « quand les intérêts économiques d'une espèce deviennent plus importants, cela se traduit par des décisions plus politiques que scientifiques », a-t-il observé.

La Cites face à des choix

La Cites devra choisir entre deux voies d'avenir possibles, a estimé Jochen Flasbarth, chef de la délégation allemande, représentant l'Union européenne : « chercher des coins tranquilles où les intérêts de personne ne sont affectés, ou regarder là ou il y a de vrais problèmes pour la biodiversité dans le monde, c'est clairement dans les océans et les forêts, et dès qu'on s'en mêle, on est confrontés à de gros problèmes économiques ».

Le commerce international des espèces sauvages représente entre 10 et 20 milliards d'euros par an et porte sur près de 350 millions de spécimens de plantes et d'animaux. La Cites doit cependant compter avec les grandes organisations internationales telles que l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ou les organisations régionales de pêche.

Son plan stratégique 2008-2013 lui donne pour but de « veiller à ce que la Cites et les autres instruments et processus multilatéraux soient cohérents et s'appuient mutuellement ».

Seul point noir, des moyens financiers dérisoires : le budget annuel de la Cites est de 4,5 millions dollars, près de 100 fois inférieur à celui de certaines ONG.

La prochaine conférence de la Cites devrait se tenir au Qatar, en 2010.

(D'après AFP)

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