Qui à l'Elysette ? Marcourt, Daerden...

COPPI,DAVID

Vendredi 15 juin 2007

Elio Di Rupo désignera son successeur à Namur en juillet. Les Liégeois sont attendus. Il y aurait un vaste remaniement ministériel.

Candidat à sa succession à la présidence du parti, et sûr d'être réélu, Elio Di Rupo n'a pas la paix pour autant. Il pourra sans doute sortir « relégitimé » du vote au suffrage universel des affiliés, en juillet. C'est le but. De là à pacifier le parti après la défaite électorale, il y a une marge. Une marge liégeoise, pour le coup. Car en annonçant qu'il cédera dans la foulée la ministre-présidence du gouvernement wallon, Di Rupo a rouvert la compétition pour l'Elysette. La place est non seulement convoitée, mais, à deux ans des régionales (en 2009), elle revêt une « importance stratégique » pour un parti qui prétend pouvoir effacer la contre-performance des législatives. Le nouveau locataire de l'Elysette est donc prié de briller.

Le nom de Rudy Demotte circule toujours. Mais avec Elio Di Rupo au Boulevard de l'Empereur, cela ferait deux Hennuyers aux commandes. Gênant. Surtout quand la fédération liégeoise a un appétit d'ogre après les bons résultats enregistrés dimanche. Les Liégeois ne sont pas loin de penser qu'ils ont, eux, sauvé le parti de la déroute pure et simple le 10 juin. Bref. Dans ces conditions, Michel Daerden, leur héraut, tête de liste à la Chambre, auteur d'un beau score personnel (92.922 voix), peut prétendre à succéder à Di Rupo à l'Elysette. D'autant que, ministre du Budget à Namur, il est aussi vice-président du gouvernement régional. Dans Le Soir, vendredi, José Happart avait planté une banderille : « Il va sans dire que si Elio devait quitter l'Elysette, le seul habilité à le remplacer, de par ses résultats dimanche, serait Michel Daerden », nous déclarait-il.

« Il va sans dire », c'est vite dit. Car un autre liégeois apparaît, lui, comme le candidat désigné à l'Elysette : Jean-Claude Marcourt, ministre de l'Economie du gouvernement wallon, incarnant davantage la « nouveauté » dans le camp socialiste, et responsable au premier titre du fameux « plan Marshall », emblématique s'il en est.

Un deal peut intervenir. Mais si d'aventure les deux Liégeois devaient s'affronter, et avec eux se réveiller les querelles entre clans, alors, commente un observateur, « les retombées pour Elio Di Rupo pourraient être plus lourdes que celles des scandales carolos »... Glaçant.

Hier, Michel Daerden plantait ainsi le décor : « Il ne faut pas tout ramener au poste de ministre-président, nous disait-il. On focalise là-dessus, mais j'ai toujours cru qu'à l'occasion des législatives il y aurait nombreux remaniements. La réflexion sera donc plus large. Pour ma part, je ne suis pas candidat à l'Elysette, car on n'est jamais candidat à une fonction ministérielle. Elio Di Rupo, que je soutiens, comme je l'ai toujours fait, cette fois pour ce qui concerne sa candidature pour un nouveau mandat, choisira en fonction des personnes en qui il a confiance, des résultats électoraux, des individus qui ont, à son avis, les aptitudes à occuper la fonction, etc. Et au bout du compte, croyez-moi, les choses vont se passer comme toujours : le résultat final n'est jamais celui qu'on imagine... »

De fait, Elio Di Rupo pourrait opérer à la mi-juillet, après sa réélection, un vaste remaniement ministériel en Wallonie, à Bruxelles et à la Communauté française. En attendant, le temps de sa campagne au sein du parti, il cachera son jeu, notamment pour s'attirer les faveurs de tous et recueillir un maximum de suffrages dans l'ensemble des fédérations.

Pas de résultats.