La planète tourne à pleins gaz
SCHOUNE,CHRISTOPHE
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Samedi 16 juin 2007
Climat L'effet de serre progresse plus vite encore que ne le prévoyait le Giec
Le soir a obtenu une étude inédite. Le taux d'émissions s'est accéléré de manière foudroyante en 5 ans.
En 2005, le total mondial de ces émissions était sans précédent : soit, 7,9 gigatonnes de carbone liés aux combustibles fossiles (gaz, pétrole, charbon) et 1,5 gigatonne lié à la déforestation. Alors que l'augmentation du CO
« Aucune région du monde n'a commencé à décarboniser sa fourniture en énergie, note l'étude. (...) La récente croissance des émissions a été plus forte et rapide dans les pays en voie de développement, particulièrement en Chine, en raison de la croissance économique très forte. (...) Les économies en développement représentent 80 % de la population mondiale et totalisent 73 % de la croissance des émissions en 2004. Cependant, ils représentaient seulement 41 % des émissions globales cette année-là et 23 % des émissions cumulées depuis le démarrage de la révolution industrielle. »
Pourquoi l'étude Raupach a-t-elle été publiée après la dernière réunion du Giec, qui s'est tenue en mai à Bangkok ? « Le Giec est un processus différent étalé sur plusieurs années et dont les données sont moins récentes, évoque au Soir le chercheur français Philippe Ciais, (Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement), co-auteur de l'étude Raupach. Nous sommes à mi-parcours dans notre travail. Nous nous sommes rendus compte que les prévisions d'émissions et surtout leur évolution étaient bien en dessous de la réalité . Nous avons donc décidé de publier les résultats sans attendre... »
Soumise d'abord auprès des révues Science et Nature, l'étude Raupach a finalement été publiée par l'Académie des sciences américaines. Une autre étude du même groupe de chercheurs relative à l'évolution des concentrations de CO
Quelle serait, d'ici à la fin du siècle, l'augmentation moyenne des températures du globe résultant des constats formulés dans l'étude Raupach ? « Il est clair que nous sommes dans la fourchette la plus haute des scénarios du Giec. Soit, entre quatre et six degrés d'augmentation de température moyenne, répond Philippe Ciais. Mais ce n'est pas parce qu'un mauvais départ a été pris lors des cinq premières années du siècle que cela va se poursuivre comme cela jusqu'en 2100. C'est un signal d'alarme qui doit inciter la communauté internationale à réagir d'autant plus qu'il faut tenir compte de l'inertie du système. L'accélération constatée nous montre que nous sommes très loin des discours tenus sur la dématérialisation de l'économie... »
