Un couple très complémentaire
DUBUISSON,MARTINE
Page 8
Lundi 25 juin 2007
Mission en Chine Philippe et Mathilde nous accordent un entretien
Le Prince et son épouse sont ravis de leur séjour en Chine. Et de leur collaboration. « Je suis fier d'elle », dit Philippe.
HONG KONG
de notre envoyéE SPéCIALE
Détendus tous les deux, se complétant l'un l'autre, et tenant à mettre en lumière leur complémentarité. Compte rendu.
Prince Philippe, c'est votre sixième voyage en Chine, dont trois missions économiques. Quels changements avez-vous observés, quelle évolution ?
Philippe. Je suis venu la première fois en 1986. J'ai fait un long voyage d'étude d'un mois, dans tout le pays. J'apprécie la Chine, et les Chinois, de plus en plus. J'essaie de comprendre leur façon de penser, très riche, leur culture. Cela s'est reflété dans mon discours de lundi, à l'université Tsinghua, dans lequel j'ai voulu me mettre un peu dans leur peau et avoir un message sur la manière dont on peut discuter de certains projets communs, comme l'environnement, qu'ils reconnaissent eux-mêmes comme un problème important. Je suis très fier de cette mission économique, parce qu'il y a l'aspect « entreprises », qui est le coeur, les investissements, la recherche, mais aussi la culture avec l'exposition Magritte à Pékin, l'interculturel (avec l'exposition des Beaux-Arts que l'on verra en fin de mission - expo de maîtres flamands et chinois, NDLR), l'éducation, l'environnement, donc tous les secteurs.
Comment concevez-vous le rôle de la princesse Mathilde dans une telle mission économique, sachant que vous en présidez aussi sans qu'elle ne soit là ?
Philippe. Je suis très très fier du travail de mon épouse, car elle a un apport vraiment substantiel, complémentaire au mien. Pendant que j'allais à un séminaire de recherche, elle allait voir l'investissement d'IBA à Pékin. Elle est exemplaire. Il y a une dimension sociale, culturelle à la mission. Elle peut donc mettre certains accents qui lui plaisent, comme les enfants, la condition des femmes...
Et vous, princesse Mathilde, comment concevez-vous votre rôle dans ce genre de mission ?
Mathilde. J'ai un programme très varié. Lundi, j'étais à l'université des Technologies vestimentaires, qui a un lien avec le diamant anversois ; puis chez IBA, avec le cyclotron, dans le domaine de la santé qui m'intéresse beaucoup. Lorsque je peux aller à l'étranger et promouvoir les projets basés sur l'éducation, je le fais volontiers, car investir dans l'éducation, c'est investir dans l'avenir de la société. Comme le projet de lutte contre le sida en lien avec les Jeux olympiques de Pékin, que l'on a visité mardi. L'éducation est un vaccin social pour lutter contre ce fléau. Je suis très heureuse de pouvoir contribuer à cette mission de façon très variée, en soutenant mon mari. Nous travaillons de façon très enthousiaste.
Philippe. Cela ne veut pas dire que je ne fais que de l'économique, le social m'intéresse aussi, et tu fais de l'économique aussi. Les Chinois nous découvrent chaque fois un peu plus. Ils ne nous connaissent pas assez.
Parce que nous sommes un petit pays ?
Philippe. Non, je ne dirais jamais ça. La Belgique n'est pas un petit pays. Ce sont les relations qui comptent.
Mathilde. L'amitié.
Philippe. Dans mon discours, l'homme était important. Il ne faut pas vouloir faire des affaires immédiatement, mais voir d'abord avec qui on fait des affaires. Et revenir ici régulièrement. Mais on n'est pas du tout un petit pays.
Mathilde. Une chose que tu as appréciée, c'est qu'on soit sorti des sentiers battus.
Philippe. En allant à Chengdu, à Shenyang. C'est un voyage très complet.
Fatigant ?
Mathilde. Stimulant !
Philippe. Une mission comme celle-ci, ce sont des mois de préparation. On espère revenir tous les deux trois ans. Les Chinois doivent être découverts en profondeur.
Mathilde. Espérons que nous reviendrons l'an prochain. Ce serait un rêve de venir aux Jeux olympiques.
