DES fissures dans l'unanimisme nucléaire
SCHOUNE,CHRISTOPHE
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Vendredi 29 juin 2007
Certes, la fission de l'atome n'émet pas de gaz à effet de serre. À cet égard, la lutte contre le réchauffement planétaire constitue le plus bel argument de marketing pour un secteur qui s'est moqué des questions environnementales pendant plusieurs décennies. Et il est vrai qu'il sera difficile de rencontrer les objectifs européens de réduction des émissions de carbone, sur un strict plan intérieur, sans le recours momentané à cette technologie controversée.
Au nom de cette verte licence, le prochain gouvernement devra mesurer la totalité des implications de son éventuelle décision de surseoir, pour un temps donné, à la fermeture des centrales.
Outre l'imposition d'une taxe au secteur susceptible de financer des projets renouvelables, la future coalition devra mettre dans sa balance comptable le coût vérité d'une éventuelle prolongation. Or, la facture du démantèlement, qui interviendra tôt ou tard, paraît avoir été sous-évaluée par l'opérateur industriel. Et cette question ne manque pas d'inquiéter quand les montants se chiffrent en milliards d'euros.
C'est dire si ces incertitudes fissurent le blanc-seing donné par les « experts » à la prolongation de la durée de vie des centrales belges après 2015.
La divulgation de ces rapports rappelle en outre que le secteur n'a jamais été un modèle de transparence. Quoi que s'en prévalent les autorités responsables de la gestion des déchets et du démantèlement futur, il est anormal que des informations essentielles pour éclairer les choix futurs restent secrètes. Comme il est anormal que l'évolution de milliers de fûts radioactifs défectueux ne soit pas portée à la connaissance du public.
Car on l'avait presque oublié :
aucune solution acceptable n'existe afin de « gérer » ces poisons millénaires. Et l'histoire des « colis endommagés » nous rappelle que, par-delà l'impératif climatique, la fission nucléaire demeure une impasse.
