En pleine Ardenne, une maison passive en béton

DRUEZ,NICOLAS

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Mardi 3 juillet 2007

Tenneville Une consommation énergétique réduite au strict minimum

Les plafonneurs ont presque achevé leur travail. L'odeur de plâtre envahit les narines. Carole Joie et Joël Cornet déambulent, d'une pièce à l'autre. Ils espèrent profiter du confort de leur nouvelle habitation en septembre. « Je mise pour le mois d'août », s'impatiente la propriétaire. C'est que l'attente est grande, dans ce quartier de Tenneville. Le couple y a construit, rue de la Forêt, la première maison individuelle passive en béton de Belgique.

De la rue, rien ne distingue ce bâtiment d'un autre. « Nous nous trouvons dans un lotissement, où les prescriptions urbanistiques sont assez strictes », souligne Joël Cornet. Bref, pas de fantaisie architecturale. L'homme était pourtant décidé à intégrer le concept de maison passive, c'est-à-dire sans chauffage central conventionnel. « Nous devons trouver des alternatives au mazout et changer nos habitudes », plaide-t-il. Son projet, il planche dessus depuis trois ans.

Cet informaticien a pensé son « chez soi » lui-même. Il a réalisé l'essentiel du gros oeuvre. « Je suis désolé de le dire, mais aucun entrepreneur ne s'y connaissait suffisamment », déplore Joël Cornet. Selon lui, le secteur de la construction n'est pas encore prêt. Le principe ? Simple, sur papier. « Vous avez besoin de fabriquer un thermos. Le béton a d'excellentes propriétés thermiques », assure Pascale Hardy, ingénieur à la Plate-Forme béton.

En y regardant de plus près, les caractéristiques propres à ce genre de maison sautent aux yeux. Les murs ont une épaisseur de 62 cm, avec 30 cm d'isolant. Les châssis ont un triple vitrage et, surtout, un système performant de ventilation a été installé. « Il gère la circulation d'air et permet de récupérer et distribuer la chaleur ou la fraîcheur stockée », explique Joël Cornet. Une petite chaudière à pellets - granulés de bois - complétera le dispositif, pour l'eau chaude. En équivalent pétrole, la consommation sera limitée à un maximum de 200 litres par an !

L'avancement du chantier a parfois pris des allures de parcours du combattant. « Vous avez tout intérêt à chercher et à vous informer. J'ai eu besoin d'imaginer des systèmes. Il est difficile de dénicher certains produits en Belgique. J'ai aussi beaucoup écouté les gens de terrain », enchaîne le propriétaire.

Le coût des travaux n'est pas plus élevé que pour une maison normale, à l'en croire : « Il y a toujours moyen de compenser, en conservant le confort ! »

Pas de résultats.