Boursiers : trois millions en plus

SOUMOIS,FREDERIC

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Samedi 14 juillet 2007

Supérieur Le fonds de démocratisation de l’enseignement sera augmenté

La Fef réclamait un refinancement. Simonet dit « Chiche ». Et crée les plafonds pour boursiers et modestes. En cinq ans.

Non, les experts du cabinet de l’enseignement supérieur ne sont pas (encore) en congé. Oui, il est encore temps de décréter des mesures positives pour les étudiants. C’est la réponse de la ministre Marie-Dominique Simonet aux demandes de la Fédération francophone des étudiants (FEF). Celle-ci demandait de ne plus exonérer certaines écoles de l’obligation de limiter les frais à 106 euros pour les étudiants boursiers. Et de créer un plafond de 458 euros pour les étudiants modestes, dont les revenus ne dépassent que de 10 % ceux des boursiers. La FEF avait chiffré ce surcoût à 1,2 million, mais estimait que les hautes écoles devaient les trouver dans le refinancement de 12,5 millions en cinq ans, déjà voté.

Simonet les a pris au mot. Et, avec les deux groupes parlementaires CDH et PS, a ajouté trois gros millions aux 12,5 millions (soit 16 millions). Pour un « paquet social global ». Qui mêle les plafonds chers au PS et les subsides sociaux doux au CDH.

L’idée ? Ne plus accorder cette compensation que les écoles réclamaient à certains étudiants, mais accorder un coefficient multiplicateur selon que l’étudiant soit boursier (x 4), modeste (x 2) ou ordinaire (x 1). Les hautes écoles qui ont dans leurs rangs davantage d’étudiants boursiers ou « modestes » recevront davantage de moyens que celles qui paient un minerval « plein pot ».

Baisse de 20 % chaque année

Objectif : atteindre les fameux plafonds pour boursiers et modestes, en gommant les filières actuellement exonérées (écoles supérieures des arts, des instituts supérieurs d’architecture et des sections « techniques de l’image », « communication appliquée » et « presse et information »). Soit les demandes de la FEF. Mais en cinq ans, alors que la FEF le demandait tout de suite, là maintenant, en septembre 2007. Dans le texte qui devrait être voté mardi à la dernière séance plénière du parlement de la Communauté, le prix réclamé aux étudiants concernés baissera chaque année de 20 %.

Mais ce n’est pas tout. Deux tiers des 16 millions serviront à ce mécanisme. Le dernier tiers est injecté dans les subsides sociaux, très bas dans les hautes écoles. Aujourd’hui, ils sont de 65 euros en moyenne. Ils devraient grimper à 130 euros, alors qu’ils sont de 240 à l’unif. « Car l’inscription à payer n’est pas tout, dit la ministre Simonet. Lors du colloque organisé avec la FEF sur la condition étudiante, de nombreux jeunes ont témoigné de situations sociales inextricables. Il y a le logement, le transport, la nourriture, le job en plus qui épuise et empêche de bien travailler. Il fallait faire quelque chose pour empêcher qu’une question socio-économique empêche des jeunes d’accéder aux études supérieures. Notre Communauté en a un urgent besoin ». Simonet reconnaît qu’on pourrait faire davantage mais que quelques jours après un contrôle budgétaire, ce bonus est déjà bon à prendre…

Pas de résultats.