Des témoins incrédules racontent
n.c.
Mercredi 18 juillet 2007
Des témoins incrédules puis épouvantés ont vu l’Airbus A-320 franchir l’enceinte de l’aéroport de Congonhas, au centre de Sao Paolo, traverser une avenue en rase-mottes, et s’encastrer dans un bâtiment de trois étages avant de prendre feu entrainant un gigantesque incendie qui n’était toujours pas maîtrisé aux premières heures de mercredi.
REPORTAGE
Avec un bilan prévisible de quelque 200 morts, l’accident du vol 3054 de la compagnie brésilienne TAM en provenance de Porto Alegre, va probablement devenir le plus grave accident de l’histoire aérienne du Brésil.
« L’avion a accéléré en arrivant au bout de la piste et a tenté de redécoller pour éviter l’avenue, mais il est entré dans le bâtiment et a explosé », a raconté Ialmo Junios Matos, un vendeur de matériel informatique.
« Beaucoup de personnes ont sauté par les fenêtres de l’édifice touché. Ca a été terrible », raconte le docteur Douglas Ferrari, un médecin qui a aidé les pompiers à porter les premiers secours aux victimes.
« J’ai vu une vingtaine de corps carbonisés aux alentours de l’avion et un couple mort à l’intérieur d’une voiture, mais je n’ai pas vu d’enfant parmi les victimes », dit le docteur Ferrari.
Un couple de vendeurs ambulants qui a eu le temps de courir pour échapper à l’accident assure que le bâtiment touché était « plein de gens » au moment de l’impact. D’autres témoins confirment que de nombreuses personnes entraient et sortaient du bâtiment au moment de l’accident.
L’avion de la TAM avait quitté Porto Alegre avec 176 personnes à bord, 170 passagers et 6 membres d’équipage.
L’appareil a dérapé sur la piste détrempée par deux jours de pluie de l’aéroport de Congonhas, en plein centre de Sao Paulo.
A Porto Alegre, une foule de parents et d’amis angoissés a pris d’assaut les comptoirs de la compagnie pour obtenir des informations sur leurs proches et obtenir la liste des passagers embarqués.
Selon la télévision, la police a été appelée en renfort pour tenter calmer les esprits.
Sept heures après l’accident, vers deux heures du matin heure locale les pompiers n’étaient toujours pas parvenus à maîtriser complètement un incendie qui s’est étendu à un bâtiment annexe, dégageant une acre fumée noire et rendant l’atmosphère alentour difficilement respirable.
A cette heure, les pompiers avaient retiré 39 corps de l’avion, a indiqué leur porte-parole, le capitaine Mauro Lopes. « Nous allons continuer à retirer des corps » a dit le capitaine Mauro.
Seize morts ont été retrouvés par ailleurs à l’intérieur des bâtiments de TAM Express. Le capitaine Mauro a précisé qu’une fois terminé le retrait des corps de l’avion, les pompiers allaient « repasser le bâtiment et les alentours au peigne fin pour voir s’il y a d’autres victimes ».
Selon le docteur Ferrari, la partie avant de l’avion s’est complètement désintégrée en touchant le bâtiment, siège de TAM Express, filiale fret de la compagnie propriétaire de l’avion accidenté.
Il raconte que l’action des quelque deux cents pompiers a été rendue très difficile par les températures élevée et le rideau de fumée dégagé par l’incendie.
Seule une partie de la queue de l’appareil était visible de l’extérieur des bâtiments.
Le gouverneur de l’Etat de Sao Paulo, José Serra, venu sur place, a dit que l’avion avait subi une température de quelque 1.000 degrés centigrades, ce qui rendait illusoire l’espoir de retrouver des survivants et annonçait une identification difficile des corps.
(d’après AFP)
