L’écran noir, la vraie solution antidopage

MILECAN,GUY

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Jeudi 19 juillet 2007

Dopage : ce mot est-il si profondément tatoué sur la peau des cyclistes que tous les savons de Marseille, où le Tour de France faisait étape hier, ne suffiront pas à l’effacer avant le siècle prochain ? Les coureurs sont-ils des incorrigibles tricheurs, des chasseurs de primes impavides, des drogués incurables ? Comment penser autre chose à l’annonce du contrôle positif à la testostérone de l’Allemand Patrick Sinkewitz, dossard 29 au départ de la Grande Boucle ? D’un coup, le soupçon a enflé comme une main piquée par une guêpe : et les 188 autres qui ont aussi signé la charte d’éthique mentionnant qu’ils n’ont aucun lien avec le dopage, sont-ils clairs ?

Le 7 du 7 2007 devait constituer une date (facilement) mémorisable : le début d’un Tour de France propre avec des athlètes soucieux de leur santé et de l’équité sportive. Même la grand-mère de Toto, qui a toujours dit que son galopin ne faisait jamais de bêtises, n’y croirait plus. Le parcours du banni prête le flanc au doute : 5 ans chez Quick Step, Patrick Lefevere, les accusations du Laatste Nieuws... Tout remonte. Et ces casseroles nommées Riis, Aldag, Zabel, Jaksche, Kessler, Henn, tous un jour sous le maillot rose de l’opérateur allemand, qui refont mal aux oreilles ! Allez, on est reparti pour un tour de carrousel… Car les organisateurs qui font la grande lessive, faut voir : pourquoi gardent-ils une formation qui se targue d’exercer des contrôles internes sévères pour débusquer ses brebis galeuses, mais qui apprend de l’extérieur qu’un des siens a été confondu par un prélèvement d’urine inopiné ? Zou, T-Mobile exclu !

En fait, la bonne date à retenir est le 18 juillet 2007 : ce jour-là, hier, deux télévisions publiques allemandes, ARD et ZDF, ont posé un geste fort en ne retransmettant rien du tronçon entre Tallard et la ville phocéenne. Pas une seule image. Ecran noir. Coup de semonce. Car la sanction suprême pour ce milieu dépendant de parraineurs en quête de visibilité serait que les télévisions – bien plus que la presse écrite – lui tournent le dos : le Tour, c’est 2.500 heures de retransmissions dans 184 pays. Alors, dopage ou télévision ? Aujourd’hui, le cyclisme doit choisir sa dépendance…

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