Crash au Brésil : aucune hypothèse n’est exclue

n.c.

Jeudi 19 juillet 2007

L'enquête sur la plus grande castastrophe aérienne du Brésil, qui a fait plus de 200 morts mardi, en plein centre de Sao Paulo, durera 10 mois et n'excluera aucune hypothèse, ont annoncé les autorités aéronautiques, tandis que le médiateur a réclamé la fermeture de l'aéroport Congonhas.

Nous devons garder l’esprit ouvert pour analyser toutes les hypothèses possibles. Il serait prématuré de se prononcer dès maintenant sur les causes de l’accident », a déclaré lors d’une conférence de presse Jorge Kersul Filho du Centre d’enquête et de prévention des accidents.

L’accident s’est produit sur la piste principale de l’aéroport, détrempée par les pluies, mais qui avait déjà été rénovée après plusieurs incidents attribués à une accumulation d’eau sur le revêtement. Le ministère public fédéral du Brésil (organisme de défense des droits des citoyens face aux pouvoirs publics, sans pouvoir de sanction) a annoncé qu’il réclamait la fermeture de l’aéroport, qui connaît le plus gros trafic aérien d’Amérique latine avec une moyenne de 630 atterrissages et décollages quotidiens. Ce médiateur a demandé à la justice civile « l’interruption de tous les atterrissages et décollages sur la piste principale et la piste auxiliaire » de Congonhas.

Pour M. Kersul Filho, « il a pu y avoir une erreur humaine, cela peut être à cause de la piste, du stress, ou d’une mauvaise décision. Cela peut être une multitude de choses ». Pour cette raison, il n’est « pas bon de se concentrer sur une seule hypothèse. La moyenne mondiale pour une enquête sur un accident de cette ampleur est de 18 mois. Pour ce sinistre, nous pensons qu’il faudra environ 10 mois » a-t-il ajouté.

L’Airbus A320 de la compagnie brésilienne TAM avec 186 personnes à bord, a dérapé peu après son atterrissage, a survolé une avenue en rase-mottes avant de finir sa course dans un bâtiment, provoquant un incendie. Le gestionnaire de l’aéroport, Infraero, a diffusé des images video montrant que l’avion de la TAM avait parcouru la piste en 3 secondes, contre 11 secondes pour l’appareil précédent.

Cela confirme que l’appareil « allait plus vite, mais il s’agit d’une donnée que nous ne pouvons pas considérer de façon isolée », a précisé M. Kersul Filho.

En plus des 186 passagers et membres d’équipage, parmi lesquels il n’y a pas de trace de survivants selon le président de la compagnie aérienne, Mauro Bologna, les pompiers ont retiré 9 corps du bâtiment percuté et 13 autres d’une station service située à proximité. Au total, 181 corps ont été retirés des décombres. On ignore encore combien de personnes se trouvaient à l’intérieur du bâtiment de fret, haut de 3 étages et appartenant à une filiale de la compagnie TAM, au moment de la collision, mais les responsables de la compagnie estiment que le nombre pourrait atteindre 50 à 60 personnes.

L’accident a provoqué des scènes apocalyptiques : « De nombreuses personnes ont sauté des fenêtres du bâtiment, c’était terrible », raconte le médecin Douglas Ferrari.

La catastrophe a provoqué un débat sur les risques liés à ce terminal situé en pleine zone urbaine. La piste principale avait été réparée mais n’était pas utilisée lorsque la couche d’eau dépassait 3 mm, en raison de l’absence de « grooving » (système d’évacuation d’eau), a précisé Sergio Olivera, président de la fédération brésilienne des contrôleurs aériens. Armando Schneider Filho, ingénieur en chef de Infraero, dément que l’avion de la TAM ait dérapé. « Il y aurait eu des risques de dérapage s’il y avait eu une couche d’eau supérieure à 3 mm, ce qui n’était pas le cas », a-t-il affirmé. « Notre devoir est de répondre aux doutes. Seule l’enquête pourra dire ce qu’il s’est passé. » L’avion était aux mains de pilotes très expérimentés, chacun d’entre eux possédant plus de 13.000 heures de vol, a indiqué la TAM.

L’A320 avait 26.320 heures de vol. Il avait subi une révision simple le 13 juin et une révision plus approfondie le 20 novembre.

(D’après AFP)

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