Le discours du roi Albert II
n.c.
Vendredi 20 juillet 2007
Voici le discours de veille de 21 juillet du roi Albert II dans son intégralité.
Mesdames et Messieurs, Je voudrais d’abord remercier chaleureusement tous ceux qui m’ont exprimé leurs vœux de bon rétablissement après ma récente opération.
Cela m’a fort touché. Une fois de plus, j’ai constaté personnellement, combien les soins médicaux sont de très haut niveau dans notre pays, et je tiens à exprimer mon admiration pour nos médecins et tout notre personnel soignant. Je pense aussi à toutes les personnes souffrantes et leur souhaite un prompt rétablissement.
A l’occasion de notre Fête Nationale, je vous ai souvent exhortés à faire des efforts pour dialoguer davantage avec les citoyens des autres communautés et pour en acquérir une meilleure connaissance. La diversité des cultures de notre pays, si elle est bien vécue, constitue un formidable atout.
C’est donc avec beaucoup de joie que j’ai pris connaissance ces derniers mois, de plusieurs initiatives citoyennes allant dans le sens d’une meilleure perception réciproque.
Il y a d’abord cette belle expérience de 2 journaux, l’un francophone, l’autre néerlandophone, prenant ensemble pendant un mois, le pouls de chacune de nos communautés et régions dans des domaines très variés qui intéressent directement le citoyen. Cet échange a conduit les journalistes et les lecteurs à mieux comprendre l’autre communauté et à se débarrasser de caricatures, de clichés, de préjugés. C’est un fait important, et j’ai eu l’occasion de m’en entretenir avec les deux rédacteurs en chef de ces quotidiens et de les féliciter pour leur initiative.
J’ai aussi apprécié les efforts de plusieurs autres journaux pour faire découvrir des talents dans les autres communautés. C’est précieux parce que cela permet d’apprécier la créativité de chaque communauté.
Depuis quelque temps déjà, les médias audiovisuels informent régulièrement leurs auditeurs et spectateurs des thèmes qui retiennent fortement l’attention dans les autres communautés, et ils évoquent les sujets qui y sont à l’ordre du jour. Ce faisant ils élargissent le champ de vision de nos concitoyens.
Sur le plan culturel, j’éprouve beaucoup d’estime pour l’intéressante initiative de 90 institutions culturelles francophones, néerlandophones et plurilingues à Bruxelles qui ont signé un accord de collaboration entre elles.
Concrètement, ces organisations s’engagent à coopérer dans différents domaines, par exemple dans celui de la communication avec notamment des programmes et des promotions bilingues. De plus, ces institutions se prêteront les unes les autres leurs infrastructures, mélangeront les publics, échangeront étudiants et professeurs. Le but est de présenter chaque culture aux autres pour que, par ces contacts, elles s’enrichissent mutuellement. J’ai rencontré les responsables du Réseau des Arts à Bruxelles et du Brussels Kunstenoverleg et j’ai été frappé par leur volonté d’exprimer un message positif, enthousiasmant, un message de collégialité et de solidarité entre institutions, artistes et publics. Le monde culturel est souvent précurseur.
Par ailleurs, je suis plein d’admiration pour les nombreuses initiatives du Fonds Prince Philippe. Il a pour objectif d’encourager toute forme de dialogue entre personnes originaires de nos trois communautés. Cela comporte notamment de nombreux échanges entre classes de l’enseignement fondamental et secondaire des différentes communautés. Des projets sont également réalisés au niveau de l’enseignement technique et professionnel, et des Hautes Ecoles. Des associations de différentes communautés sont stimulées pour partager leurs expériences dans le domaine de la culture, de la jeunesse ou de l’environnement. Une autre initiative originale du Fonds Prince Philippe est celle de Belgodyssée qui permet à de jeunes journalistes flamands et francophones de réaliser ensemble des reportages dans tout le pays.
Je suis frappé également par les nombreuses actions que divers organismes entreprennent pour inciter à apprendre la langue des autres.
C’est une condition indispensable pour apprécier leur culture, développer le dialogue et très utile pour faciliter l’emploi.
Sur le plan économique, j’ai pu constater d’intéressants développements, par exemple les efforts réalisés pour favoriser la mobilité interrégionale des travailleurs, et j’encourage vivement tous les responsables à poursuivre et à intensifier ces actions. C’est important pour l’économie, mais aussi sur le plan social et culturel. Par ailleurs, il y a des responsables économiques qui participent à des projets dans d’autres régions et y partagent leur expérience.
Enfin, il y a des collaborations fructueuses qui se développent entre universités flamandes et francophones.
Toutes ces actions et bien d’autres encore contribuent à renforcer les liens entre habitants de nos régions et communautés, et à les rendre meilleurs citoyens de notre pays, de l’Europe et du monde. Comme l’écrivait une Commissaire européenne originaire d’un pays proche, cela démontre comment la diversité culturelle d’un pays peut être source d’unité autour de visions et d’actions partagées.
Lors de ma récente visite à New York aux Nations Unies, où notre pays participe aux travaux du Conseil de sécurité, j’ai pu une nouvelle fois me rendre compte combien notre diversité culturelle est estimée internationalement car elle nous permet de mieux comprendre d’autres cultures et de favoriser les rapprochements entre divers pays et populations.
J’espère que ces initiatives citoyennes s’approfondiront et se multiplieront, et c’est avec ce souhait que la Reine et moi et toute notre famille vous disons de tout coeur : très joyeuse Fête Nationale ! » Ich hoffe dass die verschiedenen Initiativen der Bürger sich noch vertiefen und zunehmen und in dieser Hoffnung wünschen die Königin, ich selbst und unsere ganze Familie Ihnen von Herzen einen sehr glücklichen National feiertag.
(d’après Belga)
