le roi, le chanteur, les termites et nous

DELFOSSE,LUC

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Lundi 23 juillet 2007

Rédacteur en chef adjoint

L’un chante, l’autre pas… Albert II que l’on avait surpris à muser le Vlaamse Leeuw au début de son règne, s’est contenté cette fois de parler. Juste et vrai. « Son » informateur, par contre, l’homme qui se pose en Premier ministre à l’appétit de lion, aurait mieux fait de se taire. Car Yves Leterme, à qui l’on demandait d’oser un bout de Brabançonne, nous a servi… la Marseillaise.

Abracadabrantesque, cette confusion des hymnes (comme son ignorance de l’origine politique du 21 juillet) nous conforte dans l’idée que cet homme, tout à sa mission de « responsabilisation des Communautés », n’a peut-être pas les « capacités intellectuelles » voulues pour rassembler un pays dont il ignore les symboles fondateurs.

En contrepoint, sous ses aspects ripolinés et sa énième variation sur le thème « Belges, respectons-nous dans la diversité », le discours du Roi résonne précisément comme un avertissement… feutré au formateur et au cartel CD&V/N-VA.

On n’avait pas le souvenir d’une intervention autant appuyée dans une période aussi délicate que l’élaboration d’une majorité fédérale. Les admonestations, plus ou moins diplomatiques, n’arrivent qu’après la mise sur pied de l’exécutif.

Or, à la veille d’un round institutionnel qui risque d’accélérer le glissement du royaume vers un « modèle » confédéral – à commencer par une scission larvée de la Sécu –, voilà Albert qui anticipe. Et prévient : le plus petit commun dénominateur du pays ne peut être ni le nombrilisme ni l’arrogance au nom de la richesse ou du nombre.

Peu banal encore, cet hommage à deux journaux qui sont par ailleurs les chantres affirmés de leur communauté et ont toujours gardé une attitude critique vis-à-vis de la famille régnante.

La royale révérence à l’enquête « Nord-Sud » du Soir et du Standaard qui, au printemps, avait allégrement joué à saute-mouton sur la ligne Maginot communautaire, nous conforte dans l’idée que ce pays ne survivra que par le dialogue. Sans mièvrerie et sans diktat. Voilà pourquoi Yves Leterme et les termites communautaires qu’il élèvera au cœur de l’Orange bleue, ne laissent pas de nous inquiéter.

Pas de résultats.