Leterme s’excuse « in het Vlaams »
VANOVERBEKE,DIRK
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Mardi 24 juillet 2007
Politique L’attitude du futur Premier a choqué et inquiété les francophones
Qu’il confonde deux hymnes, ce n’est pas anodin. Au-delà de ses regrets publics, les francophones s’interrogent.
Yves Leterme a encore précisé, à l’adresse de tous ceux qui avaient pourfendu la légèreté de son attitude, quelques minutes plus tard, lorsqu’il usa de son téléphone en plein Te Deum : « J’ai utilisé mon GSM parce que mon père, qui a des problèmes de santé, m’appelait. Et je referais exactement la même chose la prochaine fois, même dans une église ».
Ces excuses ont été formulées dans la langue de Vondel. Quand Christophe Deborsu, le journaliste de la RTBF qui l’avait « piégé » lors de la Fête nationale, lui demanda de répéter ses excuses en français, Yves Leterme a préféré en rester là : « Je l’ai dit en néerlandais, cela suffit. »
« Un parfum de mépris »
Il n’empêche, cette mise au point tardive s’imposait. Après avoir confondu les hymnes, usé de son GSM en plein office religieux et fait comprendre, ensuite et surtout, que ceux qui le cherchaient « allaient tôt ou tard en payer les conséquences », le futur Premier inquiète à nouveau les francophones. Il avait déjà, l’été dernier, lors d’une interview à Libération, mis en cause leur capacité intellectuelle à apprendre le néerlandais. Laurette Onkelinx, vice-Première ministre PS sortante qui l’avait à l’époque qualifié d’« homme dangereux », ne masque pas sa surprise : « J’étais stupéfaite et choquée. Non pas parce qu’il ne connaissait pas les paroles de la Brabançonne, mais parce qu’il a confondu deux hymnes nationaux. Il n’a pas cru bon non plus de participer au défilé du 21 juillet. » Précisons que cette réaction, comme celles des autres responsables francophones, a été sollicitée avant les excuses.
Pour la chef du groupe socialiste à la Chambre, « il y a comme un parfum de mépris qui se dégage de cet homme. Le retour des vieilles méthodes, l’enfermement dans les châteaux. C’est cela qui est inquiétant : ce mépris. Il l’affichait déjà à l’égard des francophones lorsqu’il se gaussait de leurs limites intellectuelles dans Libé, des institutions de la Belgique ou de ceux qui ne veulent pas jouer dans la même pièce que lui. »
Pour Isabelle Durant, secrétaire fédérale d’Ecolo, son attitude traduit une méconnaissance du tissu médiatique francophone. « J’espère qu’il va amender cette attitude. A défaut, cela posera un problème de fond. Il n’est pas encore Premier ministre : dans une négociation si délicate, ses déclarations vont rendre les négociations plus difficiles, au moment où il s’agirait de mettre de l’huile dans les rouages. On ne dit pas n’importe quoi, surtout à des moments aussi sensibles. Qu’il s’agisse d’une bourde ou que ce soit intentionnel, les propos d’Yves Leterme ne relèvent pas d’une très grande habileté. »
Moins virulentes, les critiques de ses potentiels partenaires n’en sont pas moins réelles. Alain Raviart, porte-parole du CDH, fait remarquer : « Après s’être senti piégé par une question humoristique d’un journaliste, mieux vaut en sourire ou s’en excuser plutôt que d’attaquer. »
Et Didier Reynders, le président du MR, s’en tient à ces propos : « On vit dans un pays surréaliste. »
P.11 « Un gros pépin
au Te Deum »
Toujours pour Yves Leterme
Texto
La version de « La Brabançonne » que nous avons publiée hier, pour authentique qu’elle soit, n’est pas celle qui est considérée comme officielle. Voici donc, Monsieur le (probable) futur Premier ministre, la version qu’il serait bon, vu vos ambitions, d’apprendre. Elle est toujours aussi courte, rassurez-vous.
O Belgique, ô mère chérie,
A toi nos cœurs, à toi nos bras,
A toi notre sang, ô Patrie !
Nous le jurons tous, tu vivras !
Tu vivras toujours grande et belle
Et ton invincible unité
Aura pour devise immortelle :
Le Roi, la Loi, la Liberté ! (ter)
