Ouf, c’est fini !

n.c.

Dimanche 29 juillet 2007

Victoire finale de Contador. Victoire d’étape de Bennati. Le Tour de France a vécu, jalonné par les « affaires ». Et pourtant, le dopage n’est pas une fatalité. Le journaliste Guillaume Prébois a fait le parcours avec 24 heures d’avance sur le peloton. Histoire de prouver qu’il était possible de le faire sans soutien médical.

Alberto Contador, jeune Espagnol de 24 ans, est sorti vainqueur dimanche à Paris de la 94e édition du Tour de France dont la dernière étape a été gagnée par l’Italien Daniele Bennati. Au classement final, Contador a précédé l’Australien Cadel Evans, 2e à 23 secondes, et l’Américain Levi Leipheimer, 3e à 31 secondes, dans un tiercé inédit.

La dernière étape, longue de 146 km, s’est conclue par un sprint massif enlevé par Bennati devant le vainqueur de l’année passée, le Norvégien Thor Hushovd. Le vétéran allemand Erik Zabel (37 ans) a pris la 3e place devant le Sud-Africain Robert Hunter et le Belge Tom Boonen, débordé dans ce sprint.

Boonen s’est consolé avec le maillot vert du classement par points qu’il a ramené pour la première fois.

Le Colombien Mauricio Soler a enlevé pour sa part le maillot à pois de meilleur grimpeur.

Recruté par l’équipe Discovery Channel à l’intersaison, Contador a signé le 9e succès espagnol dans la plus grande course du monde.

Prébois, avec 24 heures d’avance

Le journaliste Guillaume Prébois, par ailleurs cycliste de bon niveau, a parcouru l’intégralité du Tour de France 2007 avec 24 heures d’avance sur le peloton, à son rythme, pour prouver qu’il était possible de le faire sans soutien médical.

Pour réussir sa démonstration, Prébois, 35 ans, a accepté de se soumettre à d’innombrables tests, parfois plus poussés que ceux que subissent les coureurs du Tour, sous l’égide du service de médecine du sport du CHU de Toulouse et de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD).

« Ma conviction, dit-il, c’est qu’il est impossible de faire les moyennes des coureurs professionnels sans se +soigner+. Et je pense que même pour suivre le Tour de France dans les derniers, il faut recourir à des substances médicamenteuses. Parce que sinon, un coureur +propre+ rentre chez lui après quatre jours de Tour de France ».

Ce journaliste, qui raconte son « autre tour » pour le quotidien Le Monde, la radio RFI et la RTBF (Radio Télévision Belge), parcourait tranquillement vendredi les 55,5 km du contre-la-montre entre Cognac et Angoulême, avant de terminer à Paris sur les Champs-Elysées samedi. Il est suivi par une voiture dans laquelle a pris place un médecin, et accompagné par un autre cycliste, Fabio Biasiolo.

Fromage, charcuterie, gâteaux Prébois a perdu un kilo depuis le départ, et s’amuse de certaines réactions : « Beaucoup de gens sont surpris, presque déçus que je ne sois pas déjà à l’hôpital, épuisé, squelettique. Mais quand on est sportif et bien préparé, le corps humain est tout à fait capable d’affronter un Tour de France ».

À condition de respecter un rythme humain. « En plaine, nous avons des moyennes de 31 ou 32 km/h, et en montagne entre 23 et 26 », témoigne-t-il. Le peloton professionnel roule en plaine à plus de 40 km/h et les meilleurs, en montagne, flirtent avec les 35 km/h.

Guillaume Prébois, pour parcourir les 2.570 km du Tour, s’est interdit tout apport médicamenteux, et a conservé un régime alimentaire classique : « Autant pendant ma période de préparation j’ai soigné ma diététique, autant sur le Tour je ne me refuse ni fromage, ni charcuterie, ni gâteaux, le corps en a besoin pour se recharger en énergie », assure-t-il.

Les affaires de dopage qui ont secoué le Tour, affirme-t-il, ont attiré sur sa tentative originale l’attention de nombreux médias et la sympathie du public. « C’est incroyable, les retours médiatiques ont largement dépassé nos espérances, dans les Pyrénées, des gens nous ont encouragés par nos prénoms », assure-t-il.

(d’après AFP)

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