Milquet absente déclenche l’ire de Leterme

n.c.

Jeudi 9 août 2007

60 jours sans gouvernement. Le formateur Yves Leterme a pris ombrage du fait que la présidente du CDH Joëlle Milquet ne pouvait pas répondre à sa convocation de dernière minute pour une réunion bilatérale avec les présidents francophones ce jeudi matin. Elle y a assisté dans le courant de la journée.

Mme Milquet est en effet partie mercredi soir pour le Midi de la France voir un de ses enfants malade. Mais elle était déjà de retour ce jeudi midi parmi les négociateurs de Val Duchesse pour poursuivre les discussions budgétaires. Celles-ci se sont terminées peu après 17 heures.

En arrivant à Val Duchesse, Mme Milquet a relancé la balle au formateur à propos de son absence. « Il y en a qui vont voir des matchs de football. Moi, je suis une mère, je vais voir mes enfants », a-t-elle dit. La semaine dernière, le formateur avait en effet annoncé qu’il ne travaillerait pas dimanche soir puisqu’il allait au match Zulte-Waregem/Standard.

A la fin de la réunion sur le budget, tous les négociateurs ont quitté le domaine de Val Duchesse à l’exception des présidents de parti. Yves Leterme les a en effet réunis pour se mettre d’accord sur l’organisation de la suite des travaux.

La tension était perceptible mercredi soir. Les réunions bilatérales sur les dossiers communautaires n’avaient pas permis de faire avancer les choses et la nouvelle version de la note du formateur était critiquée de toute part.

Les responsables du MR et d’Open VLD se sont vus jeudi midi pour parler de la suite des travaux de formation.

Les libéraux flamands sont d’avis qu’il vaudrait mieux, dans un premier temps, joindre tous les volets de la négociation (2e lecture de la note, communautaire et Bruxelles-Hal-Vilvorde) au lieu de tout « saucissonner » comme le propose Yves Leterme. Ils attendent une initiative claire et concrète du formateur à qui il appartient, disent-ils, de faire la synthèse des arguments avancés par les uns et les autres jusqu’à présent dans les différents domaines.

Ce jeudi soir, le MR et Open VLD ont aussi prévu de se réunir pour mettre au point des amendements communs à la nouvelle version de la note d’Yves Leterme.

Yves Leterme a eu mercredi après-midi des réunions bilatérales sur les questions communautaires, d’abord avec les représentants des partis francophones puis avec ceux des formations flamandes qui participent à la négociation en vue de la constitution d’un gouvernement fédéral.

La réunion avec les partis flamands a duré assez longtemps et pendant une suspension de séance, le formateur a pris contact vers 20 heures avec le président du MR Didier Reynders pour lui dire qu’il voulait le rencontrer jeudi matin à 10 heures. Il a, semble-t-il, ensuite voulu faire la même chose avec Joëlle Milquet mais cette dernière était alors sans doute déjà dans l’avion à destination du Midi de la France.

Contactée par Belga, Mme Milquet a expliqué qu’il était prévu depuis le début de la semaine qu’il n’y avait pas de réunion jeudi matin. Elle dit en avoir encore eu confirmation mercredi. Certes, le formateur a évoqué lors de la rencontre bilatérale des possibilités de se revoir mais sans préciser à quel moment, dit-elle.

Un de ses enfants étant malade alors que sa famille est en vacances dans le Midi de la France, elle a décidé de faire un rapide aller-retour.

Un SMS du formateur

C’est à son arrivée en France qu’elle a trouvé un SMS du formateur lui disant qu’il la cherchait.

« Il n’y a aucune stratégie là derrière. Je ne veux pas faire traîner les négociations. Je ne suis pas une tire-au-flanc. J’ai participé à toutes les réunions jusqu’à présent. Rien n’était prévu quand je suis partie, voilà », a commenté la présidente.

Si certains ont de la compréhension pour sa situation de mère de famille avec de jeunes enfants, d’autres font remarquer que, quand on participe à une négociation, on prévient le formateur quand on s’absente.

Tout cela fait un peu désordre. Une note mal rédigée, des jeux de cache-cache mal organisés pour éviter la presse, une communication pour le moins difficile, souvent défaillante et mal maîtrisée.

Jusqu’à présent, en tout cas sur les dossiers communautaires, il n’a encore été question que de méthode sans proposition concrète, ce qui commence à en énerver plus d’un. De là à croire que le formateur cherche à faire diversion en parlant de crise surréaliste à cause de l’absence d’une présidente de parti pour quelques heures, il n’y a qu’un pas que certains sont prêts à franchir.

La nervosité est aussi montée d’un cran mercredi après l’information de l’hebdomadaire Knack faisant état d’un plan PS pour BHV qui permettrait aux socialistes de forcer la porte des négociations.

Diriger un gouvernement fédéral est plus complexe que présider un gouvernement flamand, faisait remarquer un négociateur. « Il ne s’attendait pas à ce que nous soyons si fermes. Cela lui pose un problème », dit notamment Mme Milquet.

(d’après Belga)

Pas de résultats.