2.000 morts dans les inondations en Asie

n.c.

Jeudi 9 août 2007

Les inondations ont tué plus de 2.000 personnes depuis juin en Inde, au Bangladesh et au Népal et entraîné des dégâts estimés à des centaines de millions de dollars après des pluies de mousson inégalées depuis des décennies.

Pour la seule Inde, le dernier bilan officiel fait état de 1.521 morts, auxquels s’ajoutent des dizaines de noyés dans des naufrages de bateaux de sauvetage.

Au Bihar (nord-est), l’un des États les plus pauvres du sous-continent indien, 13,8 millions de personnes sont sinistrées et 1,1 million d’hectares de terres agricoles sont submergées. Mais d’après le ministère de l’Intérieur, « la situation s’améliore peu à peu ».

Les États de l’Uttar Pradesh (nord), de l’Assam (nord-est) et de l’Orissa (est) sont également sous les eaux avec 6,5 millions de personnes touchées.

New Delhi devrait débloquer de l’argent d’un fonds de 800 millions de dollars prévu dans son budget en cas de catastrophes naturelles, selon l’agence Press Trust of India.

« Les livraisons de vivres par pont aérien continuent. Des équipes médicales ont été déployées. Le gouvernement a mis sur pied 820 camps de secours pour accueillir 549.052 personnes », a assuré un porte-parole du ministère.

Pourtant, des survivants au Bihar disent avoir soif et faim et manquer de médicaments. Ils se plaignent de ne pas avoir aperçu le moindre hélicoptère ou canot de sauvetage.

On a vu aussi des gens se battre pour quelques ballots jetés par des sauveteurs. Des bateliers ne porteraient assistance qu’à ceux qui peuvent s’acquitter des 40 roupies (un dollar) par passager, ont raconté des témoins.

Face à l’ampleur de la catastrophe, les Nations unies, la Croix Rouge et des organisations non gouvernementales évaluent à plusieurs millions de dollars le montant de l’aide indispensable aux 28 millions de déplacés en Asie du Sud. La Commission européenne a promis son assistance et envisage d’allouer une aide d’urgence de quatre millions d’euros.

L’apparition d’épidémies est redoutée

Déjà, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et des ONG craignent l’apparition d’épidémies.

Au Bangladesh, où les rivières sont en décrue, 346 personnes ont péri et des dizaines de milliers d’infections virales sont signalées. Le gouvernement a demandé l’aide des citoyens les plus riches et de donateurs étrangers pour les neuf millions de déplacés.

Au Népal, où l’ONU a lancé une opération de secours pour 330.000 sinistrés, 95 personnes sont décédées depuis deux mois.

Tandis que la pluie a cessé depuis trois jours sur l’est de l’Inde et se dirige vers l’ouest, l’Asie du Sud fait ses comptes.

Cent millions de dollars ont été engloutis ces deux dernières semaines avec la destruction de fermes, de maisons et d’infrastructures. Depuis le 1er juin, la facture pour l’Inde s’élève à 320 millions de dollars. Au Bihar, des dizaines de milliers d’habitations, 1.200 km de routes et des dizaines de ponts ont été détruits.

Des récoltes de thé, de riz, de blé dans le nord-est indien sont menacées, dans un pays où les deux-tiers de la population vivent de l’agriculture.

Au Bangladesh, régulièrement frappé par des catastrophes naturelles, près de 40 % du territoire est sous l’eau. Des centaines de milliers d’hectares de rizières sont quasiment perdus, selon Hamid Mia, de l’Institut international de recherche sur le riz, à Manille.

L’Organisation météorologique internationale (OMI) a inscrit ces pluies de mousson saisonnières sur la liste des intempéries dans le monde cet été, citant la canicule en Europe de l’Est, un cyclone tropical sur le sud du Pakistan et des pluies torrentielles en Chine.

(d’après AFP)

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