Seul Un front francophone uni peut oser le « oui »
DELVAUX,BEATRICE
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Vendredi 10 août 2007
Non, s’il y a scandale à ce stade, c’est parce que le temps semble passer sans… qu’il ne se passe grand-chose. Chaos, pitrerie, surréalisme : les mots ne manquent pas pour décrire le ballet imposé aux visiteurs de Val Duchesse. Ce ne sont ni la méthode ni la « com » qui sont la cause de ce fiasco, mais le fait qu’il n’y a pas, entre ces gens-là, de volonté de former un gouvernement.
Aucun grand projet rassembleur non communautaire ne lie ces quatre partis, à la façon de celui qui a animé la coalition laïque d’il y a huit et quatre ans.
On peut le regretter mais, après ces deux mois, on se doit de le constater : le communautaire est le seul plat que les Flamands ont envie de partager avec les francophones. Faute de pouvoir l’évacuer, il faudra que les francophones s’y attaquent.
On pourra alors y passer un, deux ou même trois autres mois : peu importe puisqu’on travaillera au nouveau visage du pays. Cet enjeu institutionnel, superflu à nos yeux, ne peut plus l’être dès lors qu’il s’avère que sa non-résolution empêche de travailler au devenir économique, environnemental, sociétal des citoyens. Gare cependant : les francophones ne pourront s’atteler sereinement à ce déminage que s’ils acceptent, sur ce sujet, de renoncer à leurs calculs politiques internes. Seuls des négociateurs francophones unis au-delà des partis, sans division dans leur clan linguistique, peuvent se permettre d’ouvrir la boîte de Pandore que leur imposent les Flamands, qui forment eux, sur ce terrain, un front en béton. Le devenir de la Belgique ne peut être source de surenchères et de tactiques partisanes entre francophones. Il vaut mieux, beaucoup mieux que cela.
