Leterme, ses notes, ses secrets
DUBUISSON,MARTINE
Lundi 13 août 2007
65 jours sans nouveau gouvernement. Le formateur sort des notes, lance des pistes, impose le secret. La liste définitive des exigences flamandes est prête.
Mais si Leterme a amélioré son image ce week-end, il n’en a pas fait autant de son organisation. Les changements d’agenda sont toujours quotidiens. Lundi ne s’est donc pas déroulé comme prévu. Le matin, le formateur n’a rencontré que les libéraux sur le budget. L’après-midi, au lieu de réunir chaque groupe linguistique sur le communautaire, il n’a reçu que les francophones. Évoquant la justice, la santé, la mobilité (SNCB), outre la coopération entre entités fédérées – soit la moitié des six thèmes socio-économiques retenus et examinés sous l’angle communautaire, les trois autres étant la famille, le logement et l’emploi. Une rencontre à nouveau qualifiée de « constructive » de part et d’autre.
Ce mardi, sauf changement de dernière minute, il verra tôt les sociaux-chrétiens sur le budget, puis les partis flamands sur le communautaire, et l’après-midi le groupe central (les quatre partis) sur le budget. Objectif de cette réunion budgétaire : une discussion politique sur les choix et les moyens affectés à ces choix.
Mais qu’est-il sorti de concret, lundi ? Une nouvelle note du formateur sur l’emploi, distribuée en fin d’après-midi : une trentaine de pages, avec les amendements de chacun, mais aussi – enfin – des pistes et des propositions concrètes. C’est-à-dire ? Chut ! Yves Leterme a prié les partenaires de garder le secret.
On sait aussi que les libéraux ont, le matin, répété leurs exigences de réduction fiscale (IPP…) et réclamé, aussi, de l’argent pour des politiques nouvelles (comme une meilleure prise en compte des maladies chroniques).
Finalement, l’information du jour fut celle… du lendemain : ce mardi, la liste définitive des revendications institutionnelles flamandes (y compris les dossiers requérant une majorité des deux tiers) devrait être distribuée aux partenaires. Les francophones connaîtront enfin les contours flamands du déshabillage fédéral. Et pourront y répondre, par leur propre liste.
Avec l’avancement parallèle des discussions sur les six thèmes précités approche, selon l’expression d’un négociateur flamand, « le moment du deuxième affrontement ». Un négociateur francophone s’attend « à une nouvelle salve de revendications au-delà de BHV ou du linguistique pur : énergie, justice (régionalisation de branches du droit)… »
De fait, l’imagination flamande ne manque pas. On parle de la régionalisation de l’Isoc (impôt des sociétés), des… vaccins (avec remboursement par droit de tirage et non plus par l’Inami), voire de la mise en exécution des peines en matière d’aménagement du territoire. Voilà les époux wallons Sagawé prévenus !
