la solidarité est un ciment et doit le rester
MOUTON,OLIVIER
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Mardi 14 août 2007
La Belgique est un laboratoire de cette construction. Elle marie deux régions aux rythmes de développement différents. Non sans mal. La Wallonie a longtemps porté le pays à bout de bras. Depuis la fin de la guerre, elle s’est effondrée tandis que la Flandre se redressait en mode accéléré. Développant un désir aigu d’autonomie.
En ce début de millénaire, les égoïsmes et les individualismes minent le principe fondateur d’une Europe pacifique. Et menacent le ciment liant des peuples ayant appris à vivre ensemble dans une maison commune. Devant la pression accrue de la mondialisation, le désir est grand d’opter pour le repli sur soi afin de préserver cette richesse qui n’est plus éternelle.
Au niveau européen, les débats budgétaires ont réduit la marge de manœuvre des fonds régionaux alors même que l’élargissement à douze nouveaux Etats membres nécessitait une solidarité accrue. Après des mois de blocage, l’Union est enfin sortie du frigo lors du récent sommet de Bruxelles. Certains Etats doivent désormais avoir le courage de prôner une intégration renforcée. Au nom d’une solidarité qui profiterait à tout le monde.
En Belgique, la négociation institutionnelle entre dans une phase décisive. L’équilibre doit être trouvé entre une nécessaire responsabilisation des Régions – en matière d’emploi, notamment – et une coopération accrue. Un leitmotiv : toute atteinte au principe de solidarité saperait la persistance d’un projet commun.
Nous sommes toujours le pauvre de quelqu’un. Tombé au fond du trou, un être humain a le devoir de tout faire pour se relever au plus vite. Mais pour y arriver, il doit compter sur une main tendue. Ferme. Tel est le pacte fondateur de l’Europe et de la Belgique. En le brisant, on risquerait de voir revenir les démons du passé.
