Les francophones ont aussi leurs exigences
n.c.
Vendredi 17 août 2007
Les partis fancophones MR et cdH qui participent à la négociation pour la formation d'un gouvernement fédéral ont mis au point leur réponse aux revendications des partis flamands.
En quittant Val Duchesse jeudi en fin de soirée, la présidente du CDH, Joëlle Milquet, a rappelé que la majorité orange bleue ne dispose pas d’une majorité des 2/3 et qu’il n’est donc pas possible d’effectuer de grands transferts de compétences. Et d’ajouter que les francophones ne sont d’ailleurs pas demandeurs de tels transferts.
On peut résoudre beaucoup de problèmes dans le contexte fédéral actuel, a encore insisté la présidente des Humanistes. Pour elle, il faut être réaliste. Quand on a seulement de l’argent pour construire une maison à un étage, on ne peut en construire une à deux étages. Or, l’orange bleue n’a pas les 2/3.
« Je n’en peux rien si le roi a demandé au formateur de constituer un gouvernement qui ne dispose que de la majorité simple », a-t-elle encore commenté parlant d’une « impasse temporaire ».
Peu avant, le sénateur et négociateur CDH Francis Delpérée avait abondé dans le même sens. Pour lui, la situation actuelle conduira peut-être certains à accepter la vérité des chiffres et à devenir plus réalistes.
Le président du MR, Didier Reynders, est quant à lui resté vague sur la position des francophones. « J’ai communiqué au formateur la position commune des partis francophones. On verra quelle sera la réponse des partis flamands », a-t-il dit.
Les partis francophones MR et CDH s’étaient concertés dans l’après-midi sur la réponse commune qu’ils allaient donner aux exigences flamandes en matière de réforme de l’Etat.
Il ne s’agit pas seulement d’une réponse aux revendications flamandes ou de contre-propositions mais aussi de demandes francophones spécifiques portant notamment sur le statut de Bruxelles ou le Sénat paritaire, apprenait-on dans l’après-midi de source libérale.
Peu après, le CDH précisait que la réponse que les présidents des partis francophones transmettraient au formateur soulignait qu’étant donné que le gouvernement orange bleue ne disposera pas de la majorité des 2/3, toutes les revendications qui nécessitent une majorité spéciale, y compris celles des francophones, ne peuvent qu’être renvoyées après la constitution du gouvernement dans le cadre d’une procédure à déterminer avec d’autres partenaires.
Sur ce dernier point, une certaine confusion régnait en fin de soirée.
Les porte-parole de Didier Reynders faisaient en effet valoir que le MR n’était pas d’accord avec cette attitude quant aux revendications nécessitant les 2/3. Et de rappeler qu’avant la dissolution des chambres, le MR a voté une liste d’articles soumis à révision et qu’il a donc implicitement accepté le principe d’entrer dans un gouvernement appelé à réformer l’Etat.
Interrogé sur ce point en quittant Val Duchesse, M. Reynders n’a pas répondu à la question et s’est contenté de répéter qu’il avait transmis la position commune des partis francophones au formateur.
(D’après Belga)
