Reynders et Milquet testent Écolo et le PS
LAMENSCH,MICHELLE; DUBUISSON,MARTINE
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Mardi 21 août 2007
P.4&14 le formateur en mesure de trouver un accord sur son « schéma ». Écolo en appoint de la bipartite ?
Mais ce mardi, on suivra surtout la réunion des quatre partis francophones. Didier Reynders a invité tout le monde ce midi au cabinet des Finances. Si rien ne change d’ici là… Ordre du jour : néant, officiellement. Mais il s’agira pour MR et CDH, partenaires de l’« Orange bleue », de sonder PS et Écolo sur leurs intentions, le jour où se posera la question d’un élargissement de la majorité à deux tiers des élus. En Flandre, le coup de pouce à la bipartite viendrait du SP.A. Côté francophone, c’est plutôt Écolo qui est pressenti.
En attendant Yves Leterme...
Politique Sortie de crise par un accord de gouvernement en deux temps ?
Les quatre attendent le formateur. Son « schéma ». Son retour à la table de négociations. Accord en vue ?
Le communiqué du CDH, lundi, après une rencontre Milquet-Leterme dans un… hôtel et une réunion des parlementaires humanistes au même endroit, était pour le moins sibyllin. « À l’unanimité » – voilà qui est dit pour écarter toute rumeur de division interne –, les parlementaires demandent « aux négociateurs CDH de maintenir la position ferme et raisonnable défendue jusqu’à présent et de continuer à défendre dans un cadre fédéral équilibré les intérêts des Bruxellois et des Wallons » ; et au formateur, ils demandent « qu’il propose, dans les jours qui viennent, une nouvelle méthode et dépose un nouveau texte mobilisateur et fédérateur répondant aux besoins des citoyens de notre pays ». Un peu de compassion pour les « vrais problèmes des gens »…
Certains au CDH traduisent : le parti est prêt à s’engager à quatre, « on approche d’une solution ». Joëlle Milquet est plus circonspecte, arc-boutée sur sa position « non aux deux tiers tout de suite », non à certaines régionalisations (allocations familiales, Isoc…). Mais elle assure qu’il y a des espaces de solutions et que Leterme « a la possibilité de déposer une note cette semaine ».
Du côté MR, même appel au formateur de la part de Didier Reynders : qu’il dépose des propositions concrètes (lire ci-dessous). Mais là, dans une étonnante scène de dramatisation, la demande s’accompagne de ce qui est perçu comme un ultimatum : le président MR dit attendre la reprise des négociations dans « deux à trois jours ». Étonnant disions-nous, puisque c’est effectivement le timing envisagé par chacun depuis dimanche. Et même proposé aux partenaires par Yves Leterme lui-même…
Quoi qu’il en soit, le cas échéant, ces négociations reprendraient – mercredi ? – autour d’un « schéma ». Un schéma qui permette de mettre sur pied un gouvernement à court terme (dans les quinze jours), autour d’un programme composé de « questions qui ne fâchent pas ». Comme le budget, la justice, la mobilité, l’emploi… voire des sujets communautaires ne nécessitant que la majorité simple.
Ensuite, comme cela s’est déjà produit par le passé, ce gouvernement préparerait un programme institutionnel et organiserait sa négociation, en termes de procédure, de calendrier et de partenaires. Sur le mode : quels paquets de compétences, à quel moment, avec quels appuis extérieurs ? Et ce, de façon suffisamment vague pour que chacun puisse s’y retrouver… Seraient concernées dans ce deuxième temps les revendications communautaires nécessitant une majorité des deux tiers.
Question à 100 euros : qui compléterait la majorité simple de la bipartite pour arriver aux deux tiers ? Au sein de l’Orange bleue, on lorgne vers Écolo côté francophone, et le SP.A côté flamand. Une question qui devrait se trouver en filigrane de la rencontre – censée rester discrète, mais vite éventée – entre les quatre présidents de partis francophones, ce mardi midi.
Et BHV ? Aussi surréaliste que cela puisse paraître, les négociateurs, et donc le formateur, n’en ont encore pipé mot… Un accord rapide en la matière pourrait être perçu comme un signe de bonne volonté francophone. Ce qui ne veut pas dire pour autant que les partis flamands soient demandeurs de l’engranger en guise d’amuse-bouche. Le CD&V, par exemple, craint qu’un accord rapide et équilibré soit mal perçu par le mouvement flamand. Qui provoquerait une levée de boucliers nordistes, forçant le parti à se radicaliser sur le deuxième volet institutionnel, la vraie réforme de l’État. Ce qui conduirait les négociateurs dans le mur… Autre crainte : que les concessions à faire par la suite sur la réforme de l’État, en échange de l’accord BHV, conduisent à un accord institutionnel insatisfaisant. Voilà pourquoi BHV est resté dans le frigo de Leterme…
À noter encore cet élément intéressant concernant la méthode : on parle désormais d’un groupe de négociateurs réduit aux présidents de parti autour d’Yves Leterme. Un « club des 5 » censé souder l’équipe. Et présente l’énorme avantage de n’asseoir à table ni le FDF ni la N-VA…
Didier Reynders (MR) veut un accord à quatre. Et vite…
Sinon ? « Sinon, répond le président du MR, le formateur devra tirer la conclusion qu’il a échoué. Nous, première formation politique francophone, nous sommes prêts depuis le 12 juin à participer à une vraie négociation. Mais il faut des accords équilibrés à tous points de vue et une envie de négocier. »
Voilà le message que Didier Reynders a voulu faire passer, lundi matin, après avoir fait rapport de la situation politique devant les parlementaires MR, réunis sous la présidence du député wallon Richard Miller.
L’après-midi, le président du MR a, une nouvelle fois, rencontré Yves Leterme, comme il garde le contact avec les trois autres formations censées devenir ses partenaires de gouvernement : CDH, CD&V et Open VLD.
Didier Reynders a réaffirmé qu’il entendait surtout se situer sur le terrain socio-économique, avec une nouvelle baisse de la fiscalité, une hausse de certaines allocations et une amélioration du statut des indépendants. Il a ajouté qu’il n’était pas opposé au dialogue communautaire et qu’il prendrait, « à bref délai », l’initiative d’informer PS et Écolo, qui ne sont pas partie prenante à la négociation de l’Orange bleue.
Le président du MR se dit serein, calme et optimiste : « La Belgique et le gouvernement sont en vacances. Les pays à scrutin proportionnel mettent parfois six mois à former un gouvernement. Mais, si nous nous retrouvions le 2
Un autre MR embraie : « Le CDH se conduit comme un parti de gauche, opposé au programme socio-économique des CD&V, Open VLD et MR, qui commencent à s’énerver. Milquet est déchirée par son partenariat avec le PS dans les Régions et à la Communauté française. »
Lundi, Didier Reynders a circonscrit la négociation aux deux familles politiques présentes autour de la table. « Sinon, lâche un député MR, ce sera sans nous. »
