Juste des retrouvailles entre amis ?
VANDEMEULEBROUCKE,MARTINE
Mardi 21 août 2007
Les négociateurs francophones ont rencontré le PS et Ecolo. Ils sont venus, ils se sont vus et ils se reverront. La grande réunion entre partis francophones n’était qu’un grand show.
L’image vaut son pesant de symboles. Au pied du grand escalier du cabinet des Finances, la foule des journalistes attend les présidents des partis pour cette première rencontre entre francophones depuis les élections fédérales. Les portes s’ouvrent. Didier Reynders et Elio Di Rupo descendent presque au même rythme. Le président du MR a une marche d’avance. Les deux femmes, Joëlle Milquet et Isabelle Durant suivent, mais c’est bien sûr Didier Reynders qui prend la parole pour une très très courte déclaration : les quatre présidents ont procédé à « un échange de vues sur les questions institutionnelles et communautaires qui sont sur la table des négociations ». Et ils ont prévu de rester en contact et de se revoir éventuellement.
C’est tout ? C’est tout. Ceux qui s’attendaient à de mâles déclarations sur les exigences flamandes auront été déçus. « Il n’a jamais été question de front francophone mais de dialogue », a précisé d’emblée l’organisateur Didier Reynders. Pas question non plus de séduire Écolo et le PS pour une tripartite – ou plus si affinités – afin d’obtenir la fameuse majorité des deux tiers indispensable à l’Orange bleue pour obtenir des réformes institutionnelles. Le MR et le CDH n’ont rien demandé à leurs interlocuteurs qui ont dit ne pas être intéressés non plus. Avant d’aller dîner chez le ministre des Finances, Écolo a assuré ne pas vouloir donner un « blanc-seing » à une coalition prête à « dépecer l’État fédéral ». Quant à Elio Di Rupo, il avait annoncé qu’il ne soutiendrait une réforme de l’État que « si elle améliorait les conditions de vie des Wallons et des Bruxellois », ce qui, à entendre les revendications flamandes, « ne semblait pas être le cas ».
Une réunion sans impact donc sur l’évolution des négociations institutionnelles. « Chacun est resté dans le rôle qui est le sien », dit la secrétaire fédérale d’Écolo, Isabelle Durant. Joëlle Milquet est plus limpide encore : « Le but n’était pas d’aider Leterme. Ce n’est pas à nous de faire progresser des choses que nous ne souhaitons pas. »
Du côté tant du PS que d’Écolo, on avoue ne pas avoir appris grand-chose de cette réunion « d’information ». « Nous attendons la prochaine note pour réagir », a dit Elio Di Rupo qui n’avait visiblement pas envie de s’attarder sur les laborieuses négociations. À peine un commentaire ironique sur les difficultés à faire mûrir l’Orange bleue cet été…
De fait, certains s’interrogent sur le moment choisi par Reynders pour convoquer les troupes francophones. Pourquoi le faire plusieurs jours après le clash entre francophones et Flamands ? Et juste avant la sortie de nouvelles propositions du formateur ? Pour donner un signal aux partis flamands, celui de partis francophones sur la même longueur d’onde ? Pour l’image, c’est tout bon en tout cas. Une réunion de musculation intrafrancophone ? Ici aussi la médiatisation est importante. « Cela a permis à Reynders de conforter sa place de premier négociateur francophone », commente Écolo.
De quoi appuyer l’idée d’une fusion Communauté-Région wallonne à laquelle tient beaucoup le MR ? Là, les points de vue sont nettement moins convergents entre francophones. « Les Régions et les Communautés travaillent bien, dit le président du PS. Ce qui compte aujourd’hui, c’est de former un gouvernement fédéral. » Une manière de rappeler qui est (encore) le patron.
