Les feux ravagent la Grèce sur fond de crise
n.c.
Mardi 28 août 2007
Pour la cinquième journée consécutive les feux de forêt ravageaient mardi le Péloponnèse et l'île d'Eubée en Grèce, où les critiques s'intensifient contre le manque de préparation du gouvernement conservateur, à moins de trois semaines des législatives. Avec un bilan provisoire de 63 morts, la catastrophe sans précédent dans le pays suscite la colère.
Selon les pompiers, les incendies étaient toujours « hors de contrôle » mardi sans toutefois menacer « pour le moment » les villages les plus proches.
Sept avions et quatre hélicoptères opèrent dans le département d’Elide, dans l’ouest du Péloponnèse, où plus d’une cinquantaine de personnes ont péri ces derniers jours, piégées par les flammes dans leurs villages.
Trois hélicoptères étaient toujours à l’œuvre dans le département d’Arcadie (centre du Péloponnèse) tandis que dans le sud les incendies se poursuivaient sur les massifs de Taygète, et du Parnon, près de Sparte.
« Sur l’île d’Eubée, les incendies brûlent des forêts près de Marmari, Seta, et Néohori », a précisé une responsable des pompiers.
Plus de 800 pompiers et 800 soldats grecs, assistés de dizaines de pompiers, avions et hélicoptères venus de l’étranger, participent à la lutte.
Avec un bilan provisoire de 63 morts, la catastrophe sans précédent dans le pays continue de susciter la colère de nombreux habitants s’estimant « abandonnés » par les autorités. La plupart ont fui leurs villages en toute hâte, sans avoir été prévenus par personne, sans parfois avoir vu un pompier.
« Nous sommes une trentaine d’habitants, tous des vieux, comment lutter contre les flammes ? Il aurait fallu que nos enfants viennent, mais les routes étaient bloquées », a raconté à l’AFP Iannoula Iannopoulos, 77 ans, évacuée dimanche soir de son village de Phalaisia, dans l’ouest du Péloponnèse.
Le principal parti d’opposition Pasok (socialiste) s’est engouffré dans la brèche, alors que doivent se tenir le 16 septembre des élections législatives anticipées que le Premier ministre Costas Caramanlis, jusqu’alors porté par de bons sondages, avait convoquées avant la catastrophe.
« Nous sommes humiliés par l’incapacité du gouvernement actuel à sauver les vies de nos concitoyens », a lancé le leader du Pasok, Georges Papandréou.
Face aux images de désolation relayées en boucle par les télévisions, le gouvernement a choisi de pointer du doigt les pyromanes, allant jusqu’à évoquer une possible action concertée.
Pour le moment une enquête préliminaire a été lancée et sept personnes inculpées d’incendie criminel.
« Nous nous interrogeons » sur le fait de savoir si « cette tragédie sans précédent est une simple coïncidence », a encore lancé lundi soir le porte-parole du gouvernement, Théodore Roussopoulos.
« Quand le Premier ministre du pays adopte une telle thèse, cela devient dangereux pour les institutions démocratiques », a riposté Georges Papandréou, lors d’un message à la nation. Il a appelé M. Caramanlis à « déposer tout de suite tous les éléments dont il disposait » au sujet d’une éventuelle action concertée. « S’il n’en a pas, c’est lui qui est responsable de la diffamation du pays et des répercussions sur notre industrie touristique », a-t-il souligné.
« Le Pasok a clairement augmenté ses chances d’emporter les prochaines élections. Mais toute la question va être maintenant de savoir si le mécontentement contre Caramanlis va s’exprimer à son avantage dans les urnes ou va seulement alimenter l’abstention », estimait l’analyste politique Georges Sefertzis, interrogé par l’AFP.
(D’après AFP)
