Un Petit Robert 2008 spécial Belgique
n.c.
Vendredi 7 septembre 2007
Après le Québec et la Suisse, la nouvelle édition du Petit Robert met, cette année, la Belgique à l’honneur. Ce sont plus de 300 mots bien de chez nous qui vont rejoindre le célèbre dictionnaire.
Pour l’édition 2008, un travail spécifique a été mené en Belgique dans différents domaines. Pour y choisir des belgicismes à placer dans le dictionnaire. Ont notamment été abordé les secteurs de la médecine, du droit européen, de la musique, du sport ou encore de la cuisine.
Le Petit Robert 2008 mettra à l’honneur le français de Belgique, du Luxembourg, d’Afrique et des Antilles, après celui du Québec et de la Suisse lors de la précédente édition.
Les mots ’brol’, ’carabistouille’, ’guindaille’ ou encore ’péket’ ont fait leur apparition dans le Petit Robert. Au total, l’édition 2008 contient 345 mots illustrant le français en usage en Belgique.
Ce travail a été mené par le centre de recherche Valibel, fondé en 1998, qui réunit notamment des socio-linguistes et spécialistes de l’étude du français oral et de la linguistique.
Le choix des mots a été opéré à partir d’une enquête menée en Wallonie et à Bruxelles auprès de 300 personnes. Un classement de 3.000 belgicismes recensés dans la littérature antérieure a été dressé, en fonction, non seulement du taux de reconnaissance des mots et sens sélectionnés, mais aussi de la fréquence de leur usage. Seuls les mots et sens dont les taux de reconnaissance et d’usage dépassaient respectivement les seuils des 90 % et 75 % ont été retenus.
Pour Michel Francard, vice-recteur de l’UCL, et directeur du centre Valibel, l’objectif n’était pas de rendre le Petit Robert plus belge mais plutôt de rendre compte de la diversité de la langue française.
Si certains belgicismes, liés par exemple à la gastronomie, ne sont pas menacés, d’autres en revanche qui se rapportent notamment à des objets ou des usages courants risquent de disparaître ou du moins d’évoluer, estime Michel Francard. A titre d’exemple, la moquette, préférée par les publicitaires au tapis plain, apparaît plus luxueuse aux yeux des Belges, selon M. Francard.
Le mot ’minimex’, pourtant modifié en ’revenu d’intégration sociale’, a, lui, fait son entrée au Petit Robert 2008. Pour M. Francard, le mot qui figure dans des documents notamment administratifs a sa place dans le dictionnaire. Ce dernier doit servir de clé de lecture notamment pour des mots qui ne sont plus utilisés mais qui figurent dans la littérature, comme le mot ’estaminet’, un autre belgicisme, estime-t-il.
Une édition 2008 aux airs de mémoire de la belgique en somme.
(P.Z, avec Belga)
