« België gaat niet Splitsen »

DELVAUX,BEATRICE

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Mardi 11 septembre 2007

RÉDACTRICE EN CHEF

Tous les représentants des partis démocratiques flamands debout, dans l’enceinte de leur parlement, unis contre le vote d’un référendum ouvrant la voie au séparatisme. L’image est forte, l’image est importante et soyons francs : l’image soulage.

Croyait-on vraiment à un vote positif ? Non. Mais s’il y a un seul élément salutaire dans le détestable show d’un Vlaams Belang marginalisé depuis des mois et qui s’offrait hier un come-back médiatique, c’est qu’il a forcé les partis flamands à sortir de l’ambiguïté et de l’épais brouillard qu’ils entretenaient sur la destination finale de la Belgique. Ils ont ainsi dû affirmer haut et fort à leurs concitoyens mais aussi à l’ensemble des opinions belge francophone, française, allemande, catalane... , que l’éclatement du pays n’était pas à leur agenda. « La Belgique ne va pas se séparer », a ainsi déclaré à la « barre » la chef de file de l’Open-VLD, obligée de dédramatiser la situation pour la presse étrangère, en actant : « Ce parlement démocratique ne va pas déclarer unilatéralement l’indépendance. »

Côté flamand, on s’indigne presque : comment a-t-on pu croire qu’il était question de séparatisme en leurs rangs ? Et de pointer le doigt vers les francophones – les médias notamment – qui auraient caricaturé leurs propos, donnant à l’étranger cette image d’un pays au bord de l’implosion.

Faux. Si hier, le monde était hélas littéralement suspendu aux lèvres de Filip Dewinter, c’est uniquement parce que dans leurs discours, leurs revendications et leur proclamation de la non-valeur ajoutée de la Belgique, certains partis flamands, CD&V-NVA en tête, et des membres de leur establishment ont laissé planer un doute, ont levé un tabou. Hier, ils ont tout simplement récolté ce que certains ont maladroitement ou sciemment semé et ce que d’autres n’ont pas ouvertement combattu. Rien n’est évidemment résolu. Car rien ne dit que cette séparation ne se produira jamais. Et tout reste à faire pour construire ce compromis entre des conceptions diamétralement opposées du rôle de l’Etat Belgique.

Mais symboliquement, hier, un geste a été posé. La moindre des choses est de le reconnaître.

Pas de résultats.