Rendre des comptes

DORZEE,HUGUES

Mercredi 12 septembre 2007

Le Front national est un malade chronique. Schismes, déboires judiciaires, transfuges, malversations financières… A force, c’en devient lassant. Cette fois, le patient semble tombé en déliquescence. Trois mois après les élections fédérales, ce parti liberticide, raciste et xénophobe, présidé jusqu’à nouvel ordre par un personnage déchu de ses droits politiques pour dix ans, est traversé par une crise interne sans précédent. C’est à la fois pathétique et inquiétant.

Le FN de Féret n’est pas le Belang de De Winter. Il n’a pas de doctrine, pas de base militante, pas de cadres supérieurs. C’est un parti en trompe-l’œil, sans foi ni loi, qui se nourrit de son label « lepeniste » et des rancœurs ambiantes. Et demain ? Si Féret venait à « tomber » ? La relève s’annonce redoutable. Et le retour au bercail des néofascistes, populistes égarés et autres partisans réactionnaires est de l’ordre du possible. Autant le savoir…

Le FN bénéficie d’une nouvelle dotation pour quatre ans. Environ 600.000 euros, de quoi se « reconstruire ». Pour profiter de cet argent public, le Front national a des comptes à rendre. Certifiés conformes, sans irrégularités, avalisés par le parti. Rien de tout cela n’a été fait pour 2006. C’est abusif, illégal et immoral. On attend du nouveau Parlement qu’il se saisisse immédiatement du contentieux dès sa rentrée. C’est une question de légalité et de démocratie.

Le FN, et plus particulièrement son président, le Dr Féret, font l’objet d’une enquête financière. L’instruction menée par le parquet de Bruxelles est longue. Trop, sans doute, au regard d’autres affaires politico-financières bouclées en un temps record. La Justice a ses raisons que l’opinion publique ignore parfois. Certes, mais le FN n’est pas un parti « comme les autres ». Au petit jeu « éthique, probité et transparence », on aimerait tant savoir où il se situe vraiment.

Pas de résultats.