Volatilisée, la caisse noire !

ALBIN,DIDIER

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Mercredi 12 septembre 2007

Charleroi Un nouveau compte secret, 40.000 euros envolés

L’ouverture des placards communaux n’en finit pas de révéler l’existence de « cadavres ». Encore Léon Casaert !

Trois mois après la mise au jour de deux comptes noirs affectés à l’organisation des activités du troisième âge, voilà que la découverte d’un nouveau compte secret agite le landerneau carolo. Il s’agit d’un compte d’épargne clôturé peu avant l’entrée en fonction du nouveau receveur communal Eric Wartel, sous la majorité tripartite issue des élections du 8 octobre dernier. Au moment de sa fermeture, cette « caisse » présentait un solde largement positif, de quelque 40.000 euros. Or, la totalité de la somme s’est volatilisée. L’impact politique et judiciaire de cette affaire pourrait être terrible. Une enquête est ouverte.

C’est en mai que l’existence des comptes occultes « seniors » avait été transmise au parquet de Charleroi. Des mouvements financiers y faisaient apparaître que pendant des années, jusqu’en février 2007, le département sous l’autorité du bourgmestre Casaert avait soustrait la gestion de la cellule spectacles à la transparence d’une comptabilité officielle. A l’époque, l’intéressé avait expliqué avoir hérité de cette pratique du passé.

Alimenté par les recettes d’entrées payées par les aînés, ce compte servait à régler le cachet des artistes, les dépenses d’organisation des animations et des variétés. A raison d’une moyenne de 50.000 euros par an, il fonctionnait comme un budget, hors comptabilité communale et sous la seule autorité des ex-secrétaire et receveur, selon Casaert.

Le deuxième compte avait trait aux voyages organisés par la Ville de Charleroi pour les 3×20 : il y transitait d’importantes masses d’argent, plusieurs dizaines de milliers d’euros par an. C’est à son fonctionnement qu’était lié le compte d’épargne secret – le troisième compte. Tout porte à croire que les acomptes payés sur les réservations y étaient transférés en attente, afin de produire des intérêts : ainsi s’est-il lentement constitué un véritable « trésor de guerre ». Les enquêteurs cherchent à en retrouver la trace. « A ce stade, rien ne permet d’affirmer l’hypothèse d’un détournement de fonds, indique une source proche du dossier. Mais on ignore où l’argent est passé. Il reste aussi à établir qui s’est chargé de l’opération. »

Beaucoup de questions

Jusqu’où la responsabilité de Léon Casaert qui exerçait l’autorité politique est-elle engagée dans ce dossier ? Quelle maîtrise le mayeur avait-il d’un département sur lequel il a gardé la main jusqu’à sa démission, en juin ? A quoi étaient utilisés les « dividendes » du compte d’épargne seniors ? Pourquoi enfin en a-t-il caché l’existence au moment de la découverte des autres ? Beaucoup de questions se posent.

Elles ne plaident pas en faveur du projet de création d’une ASBL paracommunale de gestion des spectacles et voyages sous la conduite de l’ancien bourgmestre (Le Soir d’hier). Même si, selon plusieurs sources concordantes, il se dit qu’un accord avait été passé entre la présidence du PS et Léon Casaert pour soutenir sa démarche, avec l’accord de son successeur CDH. « En fait, l’emploi de chargé de mission offert par le PS n’était que provisoire, pour faire le pont entre sa sortie de fonction du mayorat et la mise en place de sa nouvelle structure promise à un subventionnement communal », rapporte une source proche. Il nous revient encore que les statuts qu’il avait rédigés prévoyaient de lui attribuer un salaire équivalent à celui d’un échevin à Charleroi, plus de 70.000 euros par an.

Pas de résultats.