Le Parlement attend encore les comptes 2006

DORZEE,HUGUES

Mercredi 12 septembre 2007

Cinq mois après la date légale (le 1er mai dernier), le Front National n’a toujours pas rentré ses comptes 2006 au greffe du Parlement (Chambre et Sénat).

Et pour cause : ces comptes n’ont toujours pas été certifiés par un réviseur d’entreprise et avalisés par l’assemblée générale de l’AFFN, l’association de financement du Front National.

Selon nos informations, plusieurs réviseurs ont décliné cette mission.

Depuis le 15 août, elle est assurée par Albert Navaux, de Thy-le-Château, réviseur agréé par la Région wallonne. « J’ai repris le dossier en cours. Les travaux sont en cours », nous a-t-il confié, sans vouloir confirmer ou infirmer certaines irrégularités dans ces comptes 2006.

Une certitude : l’enquête financière diligentée depuis juillet 2006 par le juge Lutgens, du parquet de Bruxelles, suit son cours. Sont visés principalement : le président Féret, sa compagne, la députée bruxelloise Audrey Rorive, et l’ex-trésorier-comptable du FN, Guy Hance.

En ligne de mire : un prêt de 250.000 euros consenti à Mme Rorive, des dépenses « certifiées » excessives ou douteuses (restaurants, voyages, achats d’appareils photo…), d’éventuels faux et des abus de biens sociaux, etc.

Daniel Féret,

un président « consultant »

Le 5 septembre dernier, la police fédérale a longuement entendu Guy Hance. Ce mardi, hasard fiscal ou suite logique de l’enquête, c’est l’Inspection spéciale des Impôts (ISI) qui s’est penchée sur les comptes de l’AFFN.

Depuis avril, le conseil d’administration de l’AFFN n’a plus que trois administrateurs sur cinq (le minimum légal) : Delacroix (sénateur), Cocriamont (député fédéral) et Audrey Rorive. Ceux-ci veillent sur les comptes du parti. Les deux titulaires du compte étant Delacroix et Féret.

Ce dernier, privé désormais de son mandat de député, a, depuis janvier 2007, compensé ce manque à gagner en « négociant » un « contrat de consultance » (sic) avec le FN. Montant : 5.950 euros par mois…

Par ailleurs, résultat des élections du 10 juin oblige, le FN bénéficie pour les quatre ans à venir d’une dotation publique d’environ 600.000 euros par an.

Ce montant est versé par tranche mensuelle sur le compte de l’AFFN. C’est le « trésor de guerre » du parti d’extrême droite. Qui, pour rappel, s’est vu priver, en janvier dernier, d’un douzième de sa dotation 2005, par la commission de contrôle de la comptabilité des partis politiques…

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