Léopold Storme reste en prison

DELEPIERRE,FREDERIC

Mercredi 12 septembre 2007

Famille et amis continuent à le soutenir, mais l’enquête ne dispose pas d’éléments accablant un tiers pour les crimes des Marolles.

Mercredi matin. Me Pierre Huet, l’avocat de Léopold Storme, est dans le couloir sombre de la chambre du conseil, dans les sous-sols du palais de Justice de Bruxelles. Son client, Léopold, inculpé d’avoir assassiné en juin dernier ses parents et sa sœur dans le commerce familial des Marolles, lui a demandé de requérir sa remise en liberté devant la chambre du conseil.

10 heures. Pierre Huet s’apprête à entrer dans le mini-tribunal. « Depuis les vacances, peu de nouveaux éléments sont venus s’ajouter au dossier. Mon client a été consulté par les trois experts psychiatres mais aucune conclusion ne figure au dossier. Je suppose que si les psys avaient conclu que Léopold était psychologiquement atteint, nous en aurions été informés », avance l’avocat.

Certes, un prérapport fait état d’un taux alcoolémie considérable mais Me Huet refuse d’y voir une quelconque incidence par rapport aux faits.

11 heures. Pierre Huet est appelé. Il entre dans le minuscule tribunal afin de défendre la cause de son client. « Les trois experts psychiatres n’ont rien trouvé. Quant aux images des caméras de surveillance, elles n’ont rien donné puisqu’elles ne sont pas orientées dans le bon sens. »

Quoi qu’il en soit, Léopold et son avocat entrent dans la chambre du conseil. Une demi-heure plus tard, l’avocat sort. Le mandat d’arrêt de son client est confirmé. « Vu la gravité des faits et les indices de culpabilité relevés contre mon client sur les lieux du crime, remettre mon client en liberté est difficile, reconnaît l’avocat. Mais nous démontrerons qu’il est victime. »

Scène de crime polluée

Et l’avocat de rappeler que « des indices de la présence de mon client sur les lieux du crime au moment des faits ont été relevés. Normal, puisqu’il a reconnu être présent. » Mais il dit avoir été agressé par d’autres personnes… « Les analyses se poursuivent, dit l’avocat. Mais la scène de crime a été polluée par des clients du magasin. Donc d’autres personnes ont pu laisser leur ADN sur les lieux… »

L’avocat laisse donc l’enquête se dérouler. Il compte notamment beaucoup sur l’enquête de moralité. « Léopold n’a pas été entendu par la juge et les enquêteurs depuis très longtemps. Par contre, la famille et les proches ont été auditionnés. Et les enquêteurs sont étonnés, se réjouit Pierre Huet, car tout le monde se rejoint pour dire que la famille était super-unie et que tout le monde s’aime. »

Elément dans lequel certains voient un point d’interrogation plutôt qu’un élément positif…

Pendant ce temps, Léopold construit sa vie en cellule. Après avoir partagé son espace, il a demandé et a obtenu de vivre seul. « Il a également demandé à pouvoir suivre par correspondance des cours d’économie politique, de physique et de mathématique. »

Pas de résultats.