La RTBF testera bientôt la télé de poche

JENNOTTE,ALAIN

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Jeudi 13 septembre 2007

Technologies Un bouquet pourrait déjà être lancé en 2008

Glissera-t-on bientôt une petite télé dans sa poche pour la regarder à l’arrière de la voiture, dans le train ou tout simplement au fond de son jardin ? C’est ce que promettent depuis belle lurette opérateurs et équipementiers. Pour tester la technologie, la RTBF va lancer, dans les prochaines semaines, un test avec trois émetteurs sur une partie de la région bruxelloise, en utilisant pour la diffusion d’émissions le standard DVB-H, poussé par la Commission européenne.

Cette norme permet de transmettre par voie hertzienne des dizaines de chaînes vers des petites télés qui tiennent dans la main ou vers des téléphones mobiles. Elles pourront être captées simultanément par un grand nombre de téléspectateurs.

Car à la différence de la télé sur le téléphone mobile, lancée depuis deux ans par Proximus et Mobistar, il ne s’agit pas d’une liaison directe avec chaque utilisateur mais au contraire d’une technologie de broadcasting, telle celle utilisée depuis des dizaines d’années par les télévisions traditionnelles.

« L’objectif est de réaliser une analyse technique du système et de cerner les contraintes liées à la couverture d’une grande ville et à la qualité de la réception, explique-t-on à la RTBF. Cela nous permettra de chiffrer les investissements nécessaires pour une couverture plus complète de la Communauté française et d’élaborer un modèle économique. » Cette première phase d’essais devrait durer jusqu’à la fin de l’année.

En Flandre, un test de grande ampleur a été lancé voilà plus d’un an, alliant des opérateurs, des constructeurs et les universités flamandes, sous le nom de projet « Maduf » (Le Soir du 2 mars 2006).

Fréquences pour huit chaînes

Le gouvernement de la Communauté française a attribué des fréquences pour le DVB-H à la RTBF, d’une capacité de diffusion d’environ huit chaînes. A charge pour elle de réaliser un projet pilote afin d’évaluer le potentiel technique et commercial de ce type de transmission. Si, durant le test, la chaîne publique se bornera à utiliser les émissions de la Une et de la Deux, l’ambition de la RTBF est de préparer un « vrai » service commercial qui pourrait être annoncé dès l’an prochain.

Un bouquet attractif – dans les limites de ces huit chaînes – pourrait alors être concocté. Sans aucun tabou : pour appâter le spectateur, la RTBF ne se limiterait pas à choisir parmi ses partenaires traditionnels tels Euronews, Arte ou TV5 mais pourrait négocier avec de grands concurrents privés tels que RTL ou TF1.

La RTBF jouerait le rôle d’opérateur technique de ce réseau d’émission mais déléguerait la distribution commerciale de ce bouquet à un ou plusieurs opérateurs mobiles (Proximus, Mobistar et Base), avec qui des contacts seraient déjà en cours. A l’inverse des premières expériences belges de TNT (la télévision numérique terrestre), ce bouquet DVB-H serait très vraisemblablement payant.

La télé de poche pourra être captée sur un téléphone portable compatible avec le DVB-H ou sur un terminal séparé. Plusieurs modèles d’appareils sont déjà disponibles dans le commerce.

Les producteurs de contenu s’activent déjà à imaginer des formats adaptés à ce nouveau mode de transmission. « A terme, le produit ne pourra survivre que si des contenus spécifiques sont créés, note-t-on dans l’entourage de la RTBF. Par exemple, des émissions d’info de deux minutes sur une télé mobile pourraient rencontrer un vif succès. »

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