La Wallonie ne peut pas s’en sortir seule

DANZE,HUGUES

Samedi 15 septembre 2007

Il faut toujours se méfier des expressions qui se transforment en slogan. Depuis son accession à la ministre-présidence de la Région wallonne, Rudy Demotte répète à chacune de ses sorties que « la Wallonie doit d’abord compter sur elle-même ».

Il faut toujours se méfier des expressions qui se transforment en slogan. Depuis son accession à la ministre-présidence de la Région wallonne, Rudy Demotte répète à chacune de ses sorties que « la Wallonie doit d’abord compter sur elle-même ».

Si cette phrase claque comme le drapeau wallon face aux vents communautaires flamands, elle recèle un double sens. Qu’il est urgent de lever, l’ambiguïté en politique étant le plus court chemin menant à la crise et, in fine, au divorce.

Oui, la Wallonie a un urgent besoin de s’émanciper pour assurer son développement. De croire en son destin, d’activer ses compétences. Elle est située au cœur de l’Europe. Elle bénéficie d’espaces – ce que la Flandre n’a plus –, d’infrastructures ferroviaires, aéroportuaires, autoroutières, d’universités de grande qualité, d’industrie et de PME high-tech, de cadres et d’ouvriers qualifiés. Elle peut s’asseoir sur un passé, une histoire. Alors oui, en ce sens, la Wallonie ne doit compter que sur elle-même.

Mais, dans le même temps, elle doit avoir la conscience absolue que ce destin qu’elle rêve aujourd’hui en rose est intimement lié au développement de Bruxelles dont le rayonnement dépasse très largement les frontières des 19 communes.

Sans Bruxelles, capitale internationale, pôle d’attractivité majeur en Belgique, grande pourvoyeuse d’emplois intra- et extra-muros, la Wallonie perdrait son meilleur atout. Elle perdrait, surtout, son principal allié. Celui qui lui a permis d’amortir l’effet retour de la mort lente de son ancien bassin industriel en développant un nouvel axe économique fort entre Bruxelles et Luxembourg.

Dans un contexte fédéral tendu où tout semble possible, il ne suffit plus de dire « les Wallons sont solidaires de Bruxelles » et, dans la minute qui suit, oublier les Bruxellois. La solidarité, ça se pense, ça se définit, ça se construit, ça s’organise. Concrètement. Pas en utilisant les gouvernements conjoints comme outils de communication.

Les Wallons doivent donner du sens et du corps à cette solidarité. Ne pas le faire serait une erreur. Qui risquerait bien de s’avérer fatale si le scénario du pire auquel rêvent les séparatistes flamands devait se réaliser.

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