L’avenir : le bus « HNS »

BODEUX,PHILIPPE

Mercredi 19 septembre 2007

Province Entrevue avec Jean-Claude Phlypo, administrateur général de la SRWT

Le patron du TEC n’en démord pas : à Liège, la mobilité de demain passe par le bus. A « haut niveau de sécurité ».

Entretien

Acteur majeur de la mobilité, le TEC a aujourd’hui de nouvelles missions dans le domaine du vélo, de la voiture partagée ou encore dans les interactions possibles avec les autres modes de transport que sont la voiture particulière ou le train. Nous avons rencontré, Jean-Claude Phlypo, le patron de la SRWT (Société régionale wallonne de transport) qui chapeaute les TEC wallons par ailleurs échevin socialiste à Blegny pour faire le point sur les investissements de demain en région liégeoise.

À Liège, le TEC ne fait rouler que des bus. Ce modèle n’a-t-il pas vécu tant au niveau de la pollution qu’il génère que sur le plan de la vitesse commerciale et du nombre de passagers qu’il peut véhiculer dans des conditions de confort suffisantes ?

Le bus reste le moyen le plus souple en matière de transport en commun. Et beaucoup moins onéreux qu’un réseau de tram ou de trolley. Ce qui n’empêche pas de faire continuellement progresser ce modèle avec des quais d’embarquement adaptés aux personnes à mobilité réduite. Ainsi les 125 arrêts des lignes 4,17, 18 et 18 barré ont été rendus accessibles aux PMR et de nouveaux aménagements sont prévus pour les lignes 48,70,71 et 75. Dans les prochaines semaines, le TEC Liège-Verviers va recevoir 116 nouveaux bus standards surbaissés qui facilitent l’accès aux PMR. Quarante bus seront équipés d’une lame automatique pour les clients en fauteuil roulant.

Reste qu’un bus diesel, ça rejette du CO2 et de fines particules…

Les bus que nous achetons sont les moins polluants du marché, respectant la norme Euro 5, la plus contraignante. Rien à voir avec les vieux bus qui crachent des nuages noirs. Le réseau wallon est trop petit pour avoir vocation de laboratoires d’essai en matière de nouveaux carburants ou modes de propulsion. Actuellement, nous observons ce qui se passe ailleurs (biodiesel, éthanol, gaz naturel, bus hybride, pile à combustible…) et nous ferons un choix lorsqu’un système sera mûr. Pour moi, le bus de demain sera celui propulsé par une pile à combustible. Mais il faut encore attendre. Ceci dit, l’expérience-pilote d’un bus hybride menée par Green Propulsion va continuer après que leur bus ait brûlé en nos locaux. Selon les experts, seuls les câbles sont en cause et non la batterie, les essais peuvent donc se poursuivre. Et Ethias, notre assureur, a donné son accord pour refaire le hall détruit à Robertmont. L’autre essai, au niveau wallon cette fois, consiste à acquérir trois bus roulant à l’éthanol et de les tester sur le réseau.

Ce n’est pas cela qui va révolutionner le transport en commun…

Quand je vois qu’à Liège, à certaines heures, les bus ressemblent à de véritables bétaillères tellement ils sont bondés, je préfère acheter deux nouveaux bus normaux pour que les gens ne restent pas sur le carreau plutôt qu’un bus expérimental. Ceci dit, une étude est en cours pour examiner un autre mode structurant de transport au niveau de l’agglomération liégeoise. Tous les modes de transport seront examinés mais, en temps que signataire final de cette étude j’ai déjà ma petite idée : le « BHNS » (bus à haut niveau de sécurité). J’en ai vu rouler à Rouen, guidés par des balises. La vitesse commerciale est plus élevée, ils sont plus confortables et plus grands. Seulement il faut des sites propres partout. Ce qui postule une collaboration totale des autorités communales. A Liège, je ne suis pas sûr qu’on puisse y arriver…

Vous dites cela à propos des parkings relais, dont la responsabilité de leur non-mise en œuvre incombe à Liège ?

Comme je l’ai déjà dit : à la SRWT, nous sommes prêts. Nous avions même adjugé les premiers travaux en 2001 pour construire un parking relais à Coronmeuse. Mais Liège a fait tout arrêter. Je veux malgré tout que les choses avancent. C’est pourquoi je propose de soumettre le dossier à la conférence des bourgmestres de l’arrondissement liégeois de manière à élaborer une politique concertée : que toutes les communes se mettent d’accord pour savoir où l’on doit implanter les parkings relais. En construire seulement un à Loncin ne me semble pas une bonne idée. Ce qu’il faut c’est un ensemble de parkings relais. Pour faire preuve de ma bonne composition, je suis prêt à en construire un d’une petite centaine de places dans la côte de Robertmont, au niveau du dépôt du TEC. Il ne faut même pas renforcer les lignes et le terrain est disponible.

Parlons encore infrastructures. À quoi va ressembler la gare des bus définitive devant la gare des Guillemins ? Ce sera mieux que quelques abribus de quatre places ?

Je ne sais toujours pas. Apparemment, il y a un consensus autour du projet Dethier auquel Calatrava va collaborer. J’ai noté avec intérêt l’accord de Calatrava pour que les bus des lignes 1 et 4 s’arrêtent sous l’auvent de la gare. Mais si l’on doit installer des abribus qu’il a dessinés, cela risque de ne pas être bon marché !

Le TEC endosse petit à petit son nouveau costume de « manager de la mobilité ». Comment cela se traduit-il concrètement ?

Concernant les voitures partagées, nous allons prendre une participation dans le capital de Cambio avec l’objectif de doubler le nombre d’utilisations en cinq ans. En matière de deux roues, nous allons devoir intégrer la Maison des cyclistes, fournir des renseignements sur les itinéraires cyclables. Nous sommes également en train de placer des arceaux pour vélos dans les communes liégeoises. Liège a une carte à jouer au niveau wallon : elle peut être la ville pilote qui accueillera la première expérience de parcs à vélo comme cela se fait à Barcelone, à Paris ou à Lyon. Mais jusqu’à présent, la Ville ne s’est pas encore manifestée auprès de nous…

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