Nancy Huston éclaire « Le Soir »
GERARD,ALAIN
Mercredi 19 septembre 2007
Auteur de « Lignes de faille », la romancière d’origine canadienne Nancy Huston était l’invitée de la rédaction du « Soir ». L’occasion de commenter l’actualité du moment. L’occasion aussi de se positionner en tant qu’écrivain. Morceaux choisis en attendant l’entièreté de l’interview dans notre édition de jeudi.
Assise au milieu de la rédaction, elle regarde tout le monde à tour de rôle. Profondément. On se laisse perdre dans son regard bleu délavé comme un été indien.
D’apparence gracile, c’est pourtant de la force qui émane d’elle. D’emblée, la romancière, nommée ce lundi, au même titre que Paul Auster, docteur honoris causa de l’ULg, se positionne sur la question des identités : « Je suis pour les identités faibles. Je n’ai pas de fierté canadienne… C’est trop facile de rejeter le mal en dehors de soi. Je ne prends le parti de personne, en tant qu’écrivain, j’essaie de me mettre à la place de chacun… »
Il est question de la Belgique, de son éclatement possible. Il est aussi question du Canada, de Jérusalem et Tel Aviv. Au passage, de la place de la femme : « C’est terrifiant que les femmes ne puissent pas rentrer dans un café à Gaza. Je suis mal à l’aise par rapport aux discours identitaires d’Israël, mal à l’aise aussi avec les références religieuses omniprésentes ».
Prix Fémina pour son roman « Lignes de faille » (Actes Sud), elle prend du recul par rapport au succès : « Je pense qu’un jour, je n’aurai plus de succès ; oui, ça va arriver. Mais il faut avoir de la distance avec le succès, quand il est là et quand il n’est pas là ».
L’actualité française l’accroche également puisque la romancière a aujourd’hui élu domicile à Paris. Elle a voté Royal, en mai dernier : « J’ai très peur des dix années qui nous attendent avec Nicolas Sarkozy ! J’aimerais bien qu’il y ait une femme présidente de la France… » Et de qualifier d’« immature » la démarche de Lionel Jospin, qui tire à boulets rouges sur la candidate socialiste dans le livre « L’impasse ».
Amie des écrivains, Paul Auster ou Annie Leclerc aussi bien que Yasmina Reza, Nancy Huston plaisante quand on évoque avec elle le roman publié par cette dernière sur Nicolas Sarkozy : « On n’a pas la même vision du monde mais on s’aime bien. Ceci dit, je me demande comment elle a pu supporter Sarko pendant un an… ».
L’engagement de Romain Gary, les prisons « écoles de la récidive », les dernières déclarations de Kouchner sur l’Irak et l’Iran ou l’après Bush aux USA, retrouvez l’entièreté de la rencontre avec Nancy Huston dans « Le Soir » de ce jeudi 20 septembre. Et en vidéo sur www.lesoir.be.
